Trump change d'avis sur l'ALÉNA

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Le décret présidentiel mettant fin à l'ALÉNA était finalisé et prêt à signer, avant que finalement Trump ne change d'avis.

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Agence France-Presse

Le Canada et le Mexique ont obtenu un sursis dans leur difficile relation commerciale avec l'Amérique de Donald Trump, le président des États-Unis revenant sur la menace de mettre fin purement et simplement à l'accord de libre-échange nord-américain (ALÉNA).

C'est après un entretien téléphonique avec le président mexicain Enrique Pena Nieto et le premier ministre canadien Justin Trudeau, que Donald Trump a tranché.

«Il est de mon pouvoir de remettre le traité de l'ALÉNA à jour, via la renégociation», a annoncé le président Trump à l'issue des entretiens.

Mais, a-t-il prévenu à la Maison-Blanche jeudi, «si je n'étais pas en mesure de conclure un accord équitable [...] je mettrais un terme à l'ALÉNA».

Le décret présidentiel mettant fin à l'ALÉNA était finalisé et prêt à signer, avant que finalement Trump ne change d'avis.

«Cela a été une possibilité réelle et nous avons eu la confirmation que c'est quelque chose qui a été envisagé», a déclaré jeudi à Mexico Luis Videgaray, ministre des Affaires étrangères.

En coulisses, politiques, diplomates et groupes de pression économiques se sont activés pour faire pencher la balance.

Après un premier appel mardi pour défendre ses exportations de bois de construction que M. Trump a décidé de taxer, Justin Trudeau a repris son téléphone 24 heures plus tard pour appeler la Maison-Blanche.

«Nous avons eu une bonne conversation et en effet [Trump] a dit qu'il pensait annuler» cet accord, a confié jeudi M. Trudeau.

En vigueur depuis 1994, l'ALÉNA est l'un des plus importants accords de libre circulation de marchandises dans le monde.

Dès les premières flèches décochées par Donald Trump sur cet accord, M. Trudeau s'est dit ouvert à une renégociation.

Au fil de ses interventions, Justin Trudeau défend le libre-échange avec ses deux partenaires et rappelle que pour les exportateurs américains, le Canada est leur premier marché.

Du côté de Donald Trump, qui veut privilégier les emplois américains, un trait de plume pur et simple sur cet accord n'est pas du goût de ces exportateurs, notamment pour les industriels de l'automobile et de l'agroalimentaire.

Au cours de l'entretien avec Donald Trump, «j'ai fait valoir que franchement [...] un très grand nombre d'emplois et bon nombre d'industries ont été créés grâce à l'ALÉNA», a déclaré Justin Trudeau.

Chaque minute, c'est plus d'un million de dollars de marchandises qui sont échangées entre le Canada et les États-Unis.

«Le Mexique et le Canada sont parmi nos plus importants marchés à l'exportation», ont rappelé les céréaliers américains en se disant «choqués et très inquiets» que l'ALÉNA puisse être mis en danger.

Défense des intérêts canadiens

Contre les États-Unis, «le Canada a ses propres griefs et le temps est venu pour M. Trudeau de défendre nos intérêts», a prévenu Maude Barlow, présidente du Conseil des Canadiens, un centre de réflexion de gauche.

Les attaques successives contre le Canada mobilisent les milieux d'affaires canadiens. Les taxes mardi sur le bois canadien, les éventuelles rétorsions américaines contre les producteurs laitiers le lendemain et un allégement fiscal pour les entreprises américaines mercredi ont mis les nerfs à vif du côté canadien.

«Non seulement l'administration Trump limite les accès canadiens au marché américain, mais elle donne en plus à ses entreprises les moyens» d'être concurrentielles sur les marchés internationaux, a déploré jeudi Perrin Beatty, le président de la Chambre de commerce canadienne.

La renégociation de l'ALÉNA est un moindre mal pour Donald Trump et les États-Unis. 

Sa dénonciation aurait soulevé «un tollé au Congrès, mis un coup d'arrêt à l'activité des entreprises compte tenu de l'imbrication des chaînes d'approvisionnement, pénalisé l'économie et enfin aurait déclenché une vague de procès», a estimé Angelo Katsoras, économiste de la Banque Nationale.




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