«Les politiciens ne sont pas des poètes»

Le projet de loi que défendait Mauril Bélanger avant son décès l'été dernier... (Archives, La Presse Canadienne)

Agrandir

Archives, La Presse Canadienne

Partage

Partager par courriel
Taille de police
Imprimer la page
Paul Gaboury
Le Droit

Le projet de loi que défendait Mauril Bélanger avant son décès l'été dernier pour modifier les paroles de l'hymne national afin de le rendre plus inclusif en lui retirant toute référence de genre est encore loin de faire l'unanimité au Sénat.

Lors du débat en troisième lecture, le 28 mars dernier, la sénatrice Joan Fraser, ancienne journaliste, a exprimé son opposition au projet de loi C-210 maintenant à la Chambre haute, ajoutant sa voix à celles de députés et sénateurs conservateurs opposés à retirer la notion de genre à l'hymne national canadien. Le projet de loi a déjà été appuyé par la Chambre des communes alors que libéraux et néo-démocrates ont voté en faveur, mais il reste à connaître le verdict des sénateurs.

« Je suis une féministe engagée, mais je n'appuie pas ce projet de loi pour plusieurs raisons, a déclaré la sénatrice Fraser lors du débat au Sénat. Le libellé proposé, "in all of us command", est maladroit, lourd et banal. C'est un bon exemple de ce qui se passe lorsqu'on laisse la politique se mêler d'affaires qui ne la regarde pas. En général, les politiciens ne sont pas poètes ». 

En plus d'être extrêmement maladroit, a ajouté la sénatrice Fraser, le changement proposé ne fait rien pour enlever l'ambiguïté de cette phrase de notre hymne national. 

« À quoi fait référence le mot "command"? Que ce soit "in all of us" ou "in all thy sons", l'ambiguïté demeure. Si nous avions déjà décidé de modifier l'hymne national, pourquoi ne l'avons-nous pas modifié pour le rendre plus clair? »

Et tant qu'à changer l'hymne, il faudrait aussi modifier plusieurs autres passages ambigus, incluant le « from far and wide » et « stand on guard », de même que « from our native land », la sénatrice Fraser suggérant même de soumettre la réécriture de l'hymne au « poète officiel » du Parlement plutôt qu'aux parlementaires. 

« Une partie de notre patrimoine »

La sénatrice Fraser a aussi tenu à rappeler que les hymnes nationaux de plusieurs pays, écrits à une autre époque, ne reflètent pas les valeurs modernes. 

« Si nous laissons l'idée d'être correctement modernes en tout temps nous obnubiler, nous perdrons une partie de notre patrimoine. Notre patrimoine n'est peut-être pas parfait, et ce n'est pas ce que je prétends, mais il est le nôtre (...) Je crois qu'il mérite qu'on le respecte » a souligné la sénatrice Fraser. Je n'appuie pas le projet de loi, même si j'ai le plus grand respect possible pour ceux et celles qui l'appuient ainsi que pour les intentions qui le sous-tendent ».

Le débat en troisième lecture sur le C-210 a été ajourné et doit reprendre avant la tenue du vote des sénateurs dont la date n'est pas encore fixée.




publicité

publicité

Les plus populaires

Tous les plus populaires
sur lapresse.ca
»

publicité

Autres contenus populaires

publicité

image title
Fermer