Trudeau veut rassurer les communautés musulmanes

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Le premier ministre, Justin Trudeau, a prononcé un discours à la Chambre des communes, lundi après-midi.

Adrian Wyld, La Presse canadienne

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Vicky Fragasso-Marquis
La Presse Canadienne

Justin Trudeau a tenu à rassurer les Canadiens de confession musulmane, dont la communauté a été touchée en plein coeur par la fusillade survenue dans une mosquée de Québec, en leur rappelant qu'ils apportaient au Canada une «contribution inestimable».

Dans un discours livré à la Chambre des communes, lundi après-midi, le premier ministre canadien a insisté pour dire que les musulmans étaient «ici chez (eux)» et que les autres Canadiens partageaient leur deuil.

M. Trudeau a affirmé qu'il fallait répondre à la peur et la haine par «l'amour et la compassion, toujours».

Les autres chefs de parti ont aussi propagé ce message de solidarité et d'unité, mais la chef intérimaire Parti conservateur, Rona Ambrose, a tenu à rappeler que le Canada devait rester vigilant face au terrorisme.

Dans son allocution, le chef néo-démocrate Thomas Mulcair a jugé inacceptable le fait que plusieurs fidèles ne se sentent pas en sécurité dans les lieux de culte.

Le chef intérimaire du Bloc québécois, Rhéal Fortin, et la chef du Parti vert, Elizabeth May, ont tous deux signifié dans leur discours que l'heure était maintenant au deuil, mais qu'il faudrait bientôt travailler et trouver des solutions.

Le premier ministre Trudeau se rendra dans la ville de Québec, lundi, en compagnie de Mme Ambrose ainsi que de MM. Mulcair et Fortin.

Prudence sur les causes du drame

Les élus fédéraux sont restés prudents en évoquant les causes de la fusillade.

Les néo-démocrates ont refusé de tracer un lien entre les décisions du président américain Donald Trump sur l'immigration et le drame.

En point de presse, le député de Rosemont, Alexandre Boulerice, a souligné qu'une enquête était en cours et qu'on ne connaissait pas encore les motifs de l'individu suspecté.

Le député libéral Michel Picard, qui est natif de Québec, a pour sa part affirmé qu'il s'agissait d'un «geste reprochable» peu importe l'endroit et peu importe par qui.

La députée conservatrice Sylvie Boucher a suggéré pour sa part que les vraies raisons d'une telle tragédie étaient «inexplicables».

«Ce qui vient d'arriver à Québec, il faudra se tenir debout ensemble, et essayer de comprendre d'abord et avant tout avant de juger», a-t-elle ajouté.

Le député conservateur Deepak Obhrai est toutefois allé plus loin que ses collègues en disant que ces deux événements «ne pouvaient pas être isolés».

Selon lui, il y a certainement un lien et cela démontre «que le sentiment antimusulman» est arrivé au Canada.

Le bureau du premier ministre a annoncé que M. Trudeau avait reçu l'appel du président Trump, qui lui a offert ses condoléances et «toute l'aide jugée nécessaire».

Le porte-parole de Maison-Blanche, Sean Spicer, a d'ailleurs commencé son point de presse, lundi, en évoquant la tragédie à Québec.

M. Spicer a dit que Justin Trudeau avait beaucoup apprécié l'appel du président américain et que les deux dirigeants s'étaient entendus sur le fait qu'il ne fallait pas tirer de conclusions hâtives sur l'événement.

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