Bernier attaqué sur plusieurs fronts

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Steven Blaney (à droite) s'en est lui aussi rapidement pris à Maxime Bernier, en critiquant pour sa part sa promesse d'abolir la gestion de l'offre.

Le Soleil, Jean-Marie Villeneuve

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La Presse Canadienne

Les 13 candidats de la course au leadership du Parti conservateur ont croisé le fer dans un débat uniquement en français à Québec qui manquait parfois de spontanéité, plusieurs candidats se limitant à lire des réponses préparées.

Il faut dire que plusieurs ne maîtrisent pas du tout la langue de Molière, ce qui a rendu le débat aride, notamment pour Kellie Leitch, Deepak Obhrai, Brad Trost et Lisa Raitt, qui devaient se fier à leurs fiches.

Le débat a malgré tout été ponctué de quelques attaques personnelles, dont le candidat Maxime Bernier - perçu comme le favori au Québec - a souvent été la cible.

La joute a débuté avec une salve visiblement préparée à l'avance par la candidate Kellie Leitch, qui a déploré les attaques de Maxime Bernier sur son plan d'immigration, tout en critiquant ses décisions alors qu'il était au sein du cabinet de Stephen Harper.

«Maxime n'a pas de leçons de transparence et de consistance à donner. Maxime est le menteur et l'imposteur», a-t-elle envoyé.

Steven Blaney s'en est lui aussi rapidement pris au député de Beauce, en critiquant pour sa part sa promesse d'abolir la gestion de l'offre. Les agriculteurs travaillent fort, pendant que M. Bernier «fait son jogging», a lancé M. Blaney à l'autre candidat québécois.

M. Bernier s'est défendu en affirmant qu'il était fier de son bilan à titre de ministre, même s'il n'était pas parvenu à imposer sa vision en ce qui a trait à la gestion de l'offre et à l'abolition des subventions aux entreprises alors qu'il était ministre.

«Je suis fier d'être le seul député à Ottawa qui se lève debout pour promouvoir les consommateurs et faire en sorte qu'ils paient la moitié moins cher pour ces produits-là», a-t-il plaidé, réitérant sa position en faveur de l'abolition de la gestion de l'offre pour le lait, la volaille et les oeufs.

Terrorisme

L'immigration et le terrorisme ont également été au coeur des échanges. Mme Leitch a martelé qu'il était nécessaire de faire passer des entrevues face à face à ceux qui désirent s'établir au Canada.

L'ancien ministre de la Citoyenneté et de l'Immigration, Chris Alexander, a répliqué en affirmant qu'il voyait-là une occasion en or pour les terroristes potentiels de «mentir» aux agents d'immigration. Il a plutôt défendu le principe de révocation de la citoyenneté pour les Canadiens possédant une double nationalité reconnus coupables de terrorisme, une mesure qu'il avait portée à bout de bras alors qu'il était au cabinet de M. Harper. Cette question a profondément divisé les candidats, certains, comme Michael Chong, affirmant que cela avait contribué à la défaite des conservateurs en 2015.

Plus tôt dans la journée, le directeur des communications du parti, Cory Hann, avait assuré que les candidats ne savaient pas les questions à l'avance, mais seulement les thèmes généraux du débat.

En plus de se préparer au débat, les candidats ont récemment tenté de faire le plein d'appuis. Ainsi, Maxime Bernier a annoncé mardi un deuxième appui provenant du caucus québécois, soit le député de Beauport-Limoilou, Alupa Clarke, en plus de celui de Jacques Gourde.

La semaine dernière, le Saskatchewanais Andrew Sheer avait annoncé l'appui de quatre députés du Québec.

Kevin O'Leary

Kevin O'Leary, un Montréalais, ne parle pas français.... (Archives, La Presse canadienne) - image 3.0

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Kevin O'Leary, un Montréalais, ne parle pas français.

Archives, La Presse canadienne

Un fantôme planait sur cet unique débat en français: celui de Kevin O'Leary, qui, selon la CBC, devrait se lancer dans la course pas plus tard que mercredi à Toronto.

M. O'Leary était absent de la scène, mais cela ne l'a pas empêché de commenter le débat sur Twitter, déplorant entre autres qu'on n'y aborde pas beaucoup le thème de la création d'emplois.

Cette situation n'a pas été appréciée par nombre de candidats.

«Je pense que c'est un grand manque de respect pour les francophones ici au Québec et dans le reste du Canada», a déploré Michael Chong.

En se portant officiellement candidat mercredi, l'homme d'affaires et vedette de la télévision unilingue anglophone n'aura donc pas eu à affronter ses collègues dans une langue qu'il ne parle pas du tout.

L'ancien «dragon» de l'émission «Dragon's Den» laissait déjà entendre que ce n'était qu'une question de temps avant qu'il ne prenne place sur la ligne de départ. La semaine dernière, il avait divulgué les réflexions d'un comité «exploratoire», qui concluait dans un rapport qu'il avait commandé que M. O'Leary serait «clairement sur le chemin de la victoire» s'il se lançait.

L'arrivée dans l'arène de ce néophyte en politique, bien connu du public et qui n'a pas la langue dans sa poche, changera assurément la donne dans cette course. Avant même qu'il se porte candidat, certains de ses adversaires l'avaient montré du doigt, l'ex-ministre Lisa Raitt allant jusqu'à créer un site web pour bloquer sa candidature.

Le prochain débat se tiendra à Edmonton le 28 février. Le nouveau chef conservateur sera élu le 27 mai.

Quelques citations tirées du débat

Kellie Leitch: «Maxime n'a pas de leçons de transparence et de consistance à donner. Maxime est le menteur et l'imposteur.»

Steven Blaney à Maxime Bernier: «Tu fais ta campagne sur le dos des fermiers de ta région. Tu fais ta campagne, Maxime, aux dépens de gens qui nous nourrissent. Pendant que tu fais ton jogging, Maxime, ces gens-là travaillent.»

Maxime Bernier sur la gestion de l'offre: «Je suis fier d'être le seul député à Ottawa qui se lève debout pour promouvoir les consommateurs et faire en sorte qu'ils paient la moitié moins cher pour ces produits-là.»

Chris Alexander: «Franchement, des entrevues pour tous les visiteurs, tous les immigrants, c'est une invitation aux gens les plus dangereux de nous mentir en pleine face. Ça va nous gaspiller l'argent, c'est une perte de temps.»

Andrew Scheer: «Depuis qu'il est en fonction, Justin Trudeau prend la menace terroriste à la légère. Entre vous et moi, on dirait que Justin Trudeau vit dans un monde de Calinours.»

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