S'opposer à la banque d'infrastructure serait «stupide et irresponsable»

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Adam Vaughan et Justin Trudeau lors de l'élection du député de Trinity-Spadina.

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Joan Bryden
La Presse Canadienne

L'un des architectes derrière l'idée d'une «banque fédérale d'infrastructure», proposée par le gouvernement libéral, estime qu'il serait stupide, irresponsable et de courte vue de s'opposer à cette stratégie économique.

Adam Vaughan, secrétaire parlementaire du premier ministre Justin Trudeau, explique que son gouvernement souhaite seulement offrir aux municipalités la possibilité d'obtenir du financement privé pour des projets importants qui seraient autrement inabordables. Le député ontarien admet que cette stratégie comporte certains risques, mais il soutient que l'inertie serait pire encore, face à des infrastructures qui ont bien besoin d'attention.

Les conservateurs et les néo-démocrates craignent que les attentes de rendement des investisseurs privés poussent les gouvernements à refiler aux usagers les coûts supplémentaires, par le biais de péages ou de frais d'utilisation.

Ancien conseiller municipal à Toronto, M. Vaughan a participé à l'élaboration de la plateforme électorale libérale en matière de logement et d'infrastructures urbaines. L'idée d'une banque d'infrastructure figurait déjà dans cette plateforme.

Le gouvernement Trudeau souhaite créer dès l'an prochain cette banque en injectant 15 milliards $ d'investissements fédéraux directs et 20 milliards $ en contributions remboursables, prêts et garanties de prêts. Les libéraux espèrent que le secteur privé - notamment les grandes caisses de retraite - investira éventuellement 5 $ pour chaque dollar avancé par Ottawa.

Le premier ministre Trudeau a d'ailleurs rencontré lundi dernier un aréopage d'investisseurs institutionnels étrangers, qui représentent quelque 21 000 milliards $ en capitaux, et des dirigeants de grands investisseurs canadiens - banques, sociétés d'assurance, caisses de retraite.

Aux détracteurs de la stratégie libérale, M. Vaughan rétorque que le citoyen se fiche bien à qui il paie ses services: «ce qui compte, c'est qu'il y ait de l'eau lorsqu'il ouvre le robinet, et que ce service soit abordable».

Il rappelle aussi que contrairement aux métropoles, les petites municipalités n'ont pas la capacité fiscale d'émettre des obligations afin d'attirer des investisseurs privés pour financer de grands projets très coûteux, comme le réseau d'alimentation en eau. Mais les grandes villes pourront aussi bénéficier de la stratégie fédérale, précise M. Vaughan.

Le député soutient que chaque dollar investi par le privé est un dollar que le gouvernement fédéral pourra investir dans des projets d'infrastructure qui seront, eux, financés entièrement par Ottawa, en vertu du programme qui prévoit consacrer sur 12 ans 186 milliards $.

«Craindre le secteur privé lorsque vient le temps de réparer les infrastructures de ce pays, c'est manquer de vision (...) Y a-t-il des risques? Ouais. Mais il serait beaucoup plus risqué de ne rien faire.»

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