Réduction des GES: McKenna minimise l'effet Trump

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La ministre fédérale de l'Environnement, Catherine McKenna

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La Presse Canadienne

MARRAKECH, Maroc - L'élan international pour la réduction des émissions de gaz à effet de serre (GES) est «irrésistible», malgré Donald Trump, a laissé entendre la ministre fédérale de l'Environnement, Catherine McKenna.

Elle a ainsi tenté mardi de minimiser le résultat de l'élection présidentielle de la semaine dernière aux États-Unis. Selon elle, le mouvement a atteint un «point de non-retour» notamment parce que les entreprises et des firmes d'investissement y voient des possibilités de croissance et de profits.

La ministre est actuellement à Marrakech, au Maroc, pour prendre part à la Conférence des Nations unies sur les changements climatiques, la COP22.

L'élection du candidat républicain, la semaine dernière, a eu l'effet d'une douche froide sur le rendez-vous international. Donald Trump est un climatosceptique avoué: il veut retirer les États-Unis de l'accord de Paris, convenu l'an dernier, qui vise à limiter l'augmentation moyenne de la température de la planète à au plus 2 degrés Celsius d'ici à 2050.

Néanmoins, le train est en marche et rien ne l'arrêtera, a fait savoir Mme McKenna, sans jamais prononcer le nom du nouveau président désigné, ni au cours d'un briefing technique ni au cours d'une mêlée de presse.

«Il y a un élan irrésistible, ce n'est pas seulement l'affaire de gouvernements nationaux, a-t-elle déclaré dans un point de presse à l'extérieur d'un des pavillons de la COP22. C'est plus grand que les gouvernements. Ce sont aussi les entreprises, les grandes, les petites, qui sont ici parce que c'est une grande occasion d'affaires, on voit que le marché reconnaît ça.»

Elle a aussi mis en valeur le rôle des jeunes, des autochtones, des municipalités et des États fédérés, comme les provinces et les États américains, qui prennent le relais des États nationaux dans la lutte aux changements climatiques.

«On est au point de non-retour», a-t-elle affirmé aussi au cours d'un briefing technique.

Jamais elle ne s'est non plus aventurée à dire comment elle allait convaincre l'allié américain de rester signataire de l'accord de Paris et de faire sa part.

«On travaille de près avec les États-Unis, on a une relation unique, cela va se poursuivre», s'est-elle bornée à répéter. Cependant, le gouvernement Trudeau pourrait jouer la carte économique.

«C'est une occasion d'affaires, pour les États-Unis et pour le monde», a-t-elle dit en faisant miroiter des emplois du futur et des milliards de dollars en chiffre d'affaires. Elle a d'ailleurs souligné la présence de grandes entreprises américaines à la COP22.

Le président François Hollande s'est pour sa part montré plus ferme avec les États-Unis, quand il a pris la parole au cours de la plénière des chefs des États membres de l'ONU, mardi, en début d'après-midi.

«Les États-Unis, première puissance économique du monde, deuxième émetteur de gaz à effet de serre, doivent respecter les engagements qui ont été pris, a-t-il dit avant d'être applaudi par le parterre de dignitaires. Ce n'est pas simplement leur devoir, c'est leur intérêt, celui de la population américaine, qui est frappée par les dérèglements climatiques, car aucun pays n'est à l'abri.»

La France va mener ce dialogue avec les États-Unis «dans l'ouverture, le respect, mais avec exigence et détermination», au nom des 100 États qui ont déjà ratifié l'accord de Paris, a-t-il poursuivi.

Plus tôt mardi, le premier ministre du Québec, Philippe Couillard, qui assiste aussi à la COP22, a pour sa part dit qu'il préférait attendre les gestes concrets de la nouvelle administration américaine avant de se prononcer.

Cependant, il a lancé un message au fédéral quant à l'atteinte des cibles de réduction de GES qu'il s'est fixé. Il doute qu'Ottawa atteigne son objectif.

«Compte tenu de la réalité canadienne, cette cible sera difficile à atteindre, a-t-il dit en point de presse. Je pense qu'il faut se concentrer sur l'atteinte de cette cible et l'action internationale.»

Le Canada a comme cible la réduction, d'ici à 2030, de 30 pour cent des émissions de GES par rapport au niveau de 2005. Le gouvernement Trudeau a ainsi conservé l'objectif qu'avait élaboré le précédent gouvernement conservateur de Stephen Harper.

Rappelons que la COP22 vise à mettre en oeuvre l'accord de Paris. Les pays devront convenir des outils de mise en oeuvre des engagements et des méthodes de comptabilisation des GES.

Convenu lors de la COP21, l'accord de Paris sur les changements climatiques est devenu une loi internationale le vendredi 4 novembre.

À ce jour, plus d'une centaine de pays générant plus des deux tiers des émissions de GES de la planète ont entériné cette entente. D'autres pays devraient s'y joindre au cours des prochaines semaines et des prochains mois.

L'accord de Paris prévoit notamment à partir de 2020 un financement minimal de 100 milliards $ US par an des pays développés pour aider les pays pauvres à lutter contre les changements climatiques, avec des mécanismes de révision à la hausse. Un nouvel objectif chiffré sera annoncé avant 2025.

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