Le fédéral et Bombardier discutent toujours

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Le ministre Bains a annoncé mardi un investissement qui pourrait atteindre 54 millions de dollars dans les projets de recherche en aéronautique d'un consortium dirigé par Bombardier.

David Boily, Archives La Presse

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Pierre Saint-Arnaud
La Presse Canadienne
MONTRÉAL

L'aide d'un milliard de dollars réclamée par Bombardier au gouvernement fédéral pour soutenir la commercialisation de la CSeries se fait toujours attendre, mais Ottawa demeure ferme sur ses conditions tout en montrant un degré d'ouverture plus grand avec le temps.

Le ministre de l'Innovation, des Sciences et du Développement économique, Navdeep Bains, a clairement affirmé, mardi, lors d'une annonce à Montréal, que l'on avait désormais dépassé l'étape de la justification d'une aide fédérale.

«Nous sommes à la table. Nous voulons trouver une solution et nous n'abandonnerons pas. Ce n'est pas une question de "si", mais bien de "comment" nous ferons l'investissement pour nous assurer d'un secteur aéronautique fort», a déclaré le ministre.

Cette nuance laisse croire que les négociations progressent, bien que ni le ministre, ni Bombardier ne veuillent se prononcer sur l'état des pourparlers, sauf pour dire qu'ils se poursuivent.

Simon Letendre, porte-parole de l'avionneur, a indiqué à La Presse canadienne «qu'il y a des rencontres sur une base régulière» et que l'entreprise est «à la recherche d'une solution gagnant-gagnant pour continuer le développement du programme de la CSeries».

Le ministre Bains a réitéré la position de son gouvernement dans le dossier, soit que l'aide sera conditionnelle au maintien du siège social au Canada, des activités de recherche et développement ainsi que des emplois manufacturiers reliés à la fabrication des appareils.

«Nous voulons nous assurer que la décision sera conforme aux priorités que nous avons établies. [...] Les emplois sont extrêmement importants», a-t-il martelé.

Le ministre Bains était venu annoncer un investissement qui pourrait atteindre 54 millions $ dans les projets de recherche en aéronautique d'un consortium dirigé par Bombardier.

Le consortium regroupe 15 entreprises et universités dont, à Montréal, l'École Polytechnique et l'Université McGill.

«Il faut aider l'université et l'industrie à travailler ensemble pour préparer les emplois de demain en ayant l'avion de demain», a pour sa part déclaré le ministre des Affaires étrangères, Stéphane Dion, qui était également présent à la conférence de presse, mais surtout à titre de député de Saint-Laurent, circonscription où Bombardier a plusieurs installations.

Le consortium doit pour sa part investir un montant équivalent à celui de l'aide gouvernementale, en l'occurrence une somme d'argent allant jusqu'à 54 millions $ également, mais le directeur principal de Bombardier en matière de technologies, d'innovation et d'ingénierie en aéronautique, Fassi Kafyeke, a indiqué que les investissements des partenaires privés iraient bien au-delà des 54 millions $ requis par le programme fédéral.

Le projet de recherche vise à développer, entre autres, des systèmes électriques de pointe devant remplacer les systèmes pneumatiques et hydrauliques traditionnels des aéronefs.

Dans ce cas, on vise surtout à remplacer les commandes de vol mécaniques conventionnelles par des interfaces électroniques qui permettront aux ordinateurs d'avion d'effectuer des tâches sans l'intervention du pilote.

D'autres projets de recherche concernent le développement de systèmes aérodynamiques visant à rendre les appareils plus écoénergétiques et plus silencieux.

Cependant, les sommes dont il est question ici seront consacrées à amener des idées déjà élaborées beaucoup plus loin dans leur développement, puisqu'on en est à ce que M. Kafyeke a appelé des projets «de démonstrateur technologique».

«Nous partons avec des technologies sur lesquelles nous avons déjà travaillé durant 5 à 10 ans. [...] Maintenant, c'est la dernière étape pour dire: est-ce que ça fonctionne vraiment dans les circonstances dures que l'on retrouve sur un vrai avion», a-t-il précisé.

«C'est l'étape critique, là où beaucoup d'idées meurent», a-t-il rappelé, soulignant que, souvent, de bonnes idées ne peuvent être mises à l'épreuve en raison des coûts importants qu'impliquent leur réalisation et les essais devant en déterminer le bien-fondé.

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