La lune de miel de Trudeau s'estompe, croit Mulcair

Le chef sortant du Nouveau Parti démocratique, Thomas... (Paul Chiasson, La Presse canadienne)

Agrandir

Le chef sortant du Nouveau Parti démocratique, Thomas Mulcair

Paul Chiasson, La Presse canadienne

Partage

Partager par courriel
Taille de police
Imprimer la page
Fannie Olivier
La Presse Canadienne
Montréal

Les députés néo-démocrates croient que la course à la chefferie qui s'annonce permettra de faire mousser la popularité de leur parti. Mais ils estiment aussi que les Canadiens découvriront par eux-mêmes ce qu'ils qualifient de «manque de substance» des libéraux.

«Les gens qui voulaient du changement sont en train de déchanter de plus en plus», a lancé jeudi le chef sortant du Nouveau Parti démocratique (NPD), Thomas Mulcair, à l'issue d'une rencontre du caucus de deux jours à Montréal.

Sa mission: mieux communiquer sur les «promesses brisées» des libéraux, mais aussi expliquer ce que ses troupes feraient différemment.

«C'est notre devoir d'aller au-delà de l'image et du facile, et commencer à dire aux gens qu'on partage leur déception que le gouvernement libéral de M. Trudeau a fait défaut de livrer la marchandise», a-t-il argué.

M. Mulcair a rappelé qu'en matière de réduction des gaz à effet de serre, les libéraux visaient les mêmes cibles que Stephen Harper. En ce qui a trait aux transferts fédéraux aux provinces en santé, ils vont également de l'avant avec les réductions prévues par les conservateurs. Enfin, alors que les engagements électoraux de Justin Trudeau pour les services aux Premières Nations étaient généreux, le gouvernement n'a pas encore allongé toutes les sommes promises.

M. Mulcair été impatient de tourner la page sur un épisode qui lui a assurément donné des sueurs froides. Mercredi, il a dû réaffirmer qu'il était toujours bien en selle jusqu'à ce que soit désigné son successeur, alors que des sources anonymes faisaient état d'une grogne au sein du caucus à son égard.

«Lorsque vous passez à travers une semaine où les gens disent toutes sortes de choses, supposément des sources anonymes, vous commencez à vous dire: «qu'est-ce que ça signifie?», a concédé M. Mulcair. Et ensuite vous allez au caucus et vous obtenez le soutien unanime de vos collègues et vous pouvez faire ce que vous avez à faire.»

Course

Au lendemain de l'apaisement des tensions, les députés néo-démocrates tournent la page et doivent désormais s'attaquer à l'énorme boulot devant eux. Le NPD doit inverser les courbes descendantes observées dans les sondages, dans le membership et le financement.

Et surtout: il doit trouver un chef qui saura faire rebondir sa popularité.

Pour l'instant, aucun candidat ne s'est déclaré car le vote n'aura lieu qu'on octobre 2017, mais plusieurs députés jaugent leurs appuis. Selon le député britanno-colombien Peter Julian - lui-même probable candidat - les électeurs porteront assurément attention au NPD lorsque les aspirants chefs se lanceront dans la course. «Inévitablement, a-t-il soutenu. On va avoir des discussions profondes autour des questions qui préoccupent les gens, ça c'est certain.»

La députée québécoise Ruth Ellen Brosseau, qui pourrait elle aussi se lancer, est d'avis que la course amènera de l'oxygène au parti. «Je pense qu'une fois qu'on aura des candidats qui se déclarent, on va avoir une mobilisation, on va avoir un travail de terrain à travers le Canada à faire, a-t-elle expliqué. Ça va vraiment augmenter notre membership, surtout avec les débats. Donc, j'ai vraiment hâte. Une fois que les noms vont sortir publiquement, ça va donner un coup de pouce.»

Un autre candidat potentiel, l'Ontarien Charlie Angus, s'attend à une course «très intéressante», qui permettra au parti de se «renouveler». «Vous ne verrez pas de candidats se déclarer avant novembre, décembre ou janvier, parce que c'est une course très, très longue, a-t-il dit. Notre objectif en ce moment est l'unité du parti. Nous arrivons dans cette session parlementaire forts et unis.»

M. Mulcair souhaite rester neutre pour la course à venir, mais il a offert un conseil aux aspirants chefs: «c'est de voyager le plus possible et de parler avec le plus de monde possible. Et écouter.»

Outre Mme Brosseau et MM. Julian et Angus, le Québécois Guy Caron et la Manitobaine Niki Ashton ont ouvert la porte à une éventuelle candidature.

Partager

publicité

publicité

Les plus populaires

Tous les plus populaires
sur lapresse.ca
»

publicité

Autres contenus populaires

publicité

image title
Fermer