87% des Canadiens favorables à une capitale bilingue

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Paul Gaboury
Le Droit

Un nouveau sondage révèle que les Canadiens appuient à plus de 88% la vision d'un Canada ayant deux langues officielles, mais aussi la reconnaissance officielle du bilinguisme de sa capitale Ottawa, dans une proportion de 87%.

Le sondage Nielsen réalisé pour le compte du Commissariat aux langues officielles démontre qu'une grande majorité des répondants appuie la vision d'un Canada doté de deux langues officielles, le français et l'anglais.

«L'acceptation graduelle de la dualité linguistique nous a rendus plus ouverts, plus inclusifs et davantage disposés à accueillir d'autres personnes au sein de notre société. Cela nous distingue des États-Unis, de la Grande-Bretagne et d'une grande partie de l'Europe», a indiqué le commissaire aux langues officielles Graham Fraser par voie de communiqué.

Les détails du sondage seront dévoilés jeudi dans le cadre de sa participation à une conférence internationale sur l'aménagement linguistique à laquelle participe à l'Université de Calgary. M. Fraser doit quitter ses fonctions en octobre après 10 années en poste.

Si l'appui à la Loi sur les langues officielles atteint 88% à l'échelle du pays, c'est au Québec où elle obtient le soutien le plus élevé parmi les répondants, soit 92%, suivi des provinces de l'Atlantique à 91%, et de l'Alberta à 90%. Les provinces de l'Ontario, de la Colombie-Britannique et des Prairies suivent avec des résultats de 87%, 85% et 83% respectivement. 

«L'appui généralisé des objectifs de la Loi sur les langues officielles indique à quel point les mentalités ont évolué», a indiqué le commissaire Fraser. 

«Ottawa, ville bilingue»

Le président de l'Assemblée de la francophonie de l'Ontario, Denis Vaillancourt, se félicite de l'appui des Canadiens pour «Ottawa, ville bilingue».

«Le sondage renforce les arguments du groupe local qui dit qu'il y a une volonté communautaire et nationale afin qu'Ottawa soit le reflet du bilinguisme officiel au pays. Il me semble qu'il donne de la légitimité à ce mouvement tout en donnant une occasion à Ottawa de regarder plus loin que les enjeux locaux», a indiqué M. Vaillancourt.

Dans l'ensemble, le sondage démontre aussi la «volonté populaire» de s'identifier à un pays ayant deux langues officielles.

Pour la Fédération des communautés francophones et acadienne (FCFA) du Canada, il s'agit d'une nouvelle «très encourageante qui ne doit pas toutefois pas occulter tout le travail qu'il reste à faire pour atteindre l'égalité réelle du français et de l'anglais au Canada».

«D'un sondage à l'autre, le soutien à la dualité linguistique progresse et c'est très encourageant. Par contre, on ne peut dire: mission accomplie», a réagi la présidente, Sylviane Lanthier. 

Le sondage téléphonique a été réalisé en février et mars 2016 auprès de 1000 Canadiens.

Le maire continue de fermer la porte à une reconnaissance officielle

Selon le maire Jim Watson, les règlements municipaux... (Patrick Woodbury, Archives LeDroit) - image 3.0

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Selon le maire Jim Watson, les règlements municipaux confirment déjà le caractère bilingue de la ville.

Patrick Woodbury, Archives LeDroit

Le maire Jim Watson refuse toujours d'envisager qu'Ottawa obtienne un statut de ville bilingue.

Des organisations francophones continuent toutefois de faire campagne afin que les élus municipaux de la capitale fédérale reconnaissent officiellement son bilinguisme.

Selon le maire Watson, les règlements municipaux confirment déjà le caractère bilingue de la ville. Il signale d'ailleurs que tous les programmes et services de la Ville d'Ottawa sont offerts dans les deux langues officielles.

Les organisations francophones concèdent que la politique de bilinguisme et le règlement municipal sur le bilinguisme fonctionnent généralement bien, mais il faut, selon elles, sécuriser les acquis en matière de services en français et en assurer la pérennité grâce entre autres à des amendements à la Loi sur la Ville d'Ottawa. L'égalité entre deux langues devrait aussi être reconnue dans la loi.

Le conseiller municipal de Rideau-Vanier, Mathieu Fleury, appuie les démarches de la table de concertation «Ottawa, ville bilingue». «C'est sûr qu'il y a toujours des accrocs et des améliorations à apporter, mais la politique de bilinguisme, comme telle, elle est bonne», a indiqué M. Fleury.

Selon M. Fleury, les craintes portent sur l'engagement des futurs conseils municipaux d'Ottawa envers cette politique.

«On ne sait pas si on aura toujours des conseils qui seront capables de bien la protéger, et de cibler les enjeux entourant l'offre de services et des postes (dans la fonction publique municipale). Il est important de poursuivre la discussion, et "Ottawa, ville bilingue" a une proposition qui est réaliste et qui est sensible à la communauté unilingue anglophone», a-t-il continué.

- Charles-Antoine Gagnon, LeDroit

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