Table rase dans les relations avec la Chine

Le premier ministre du Canada, Justin Trudeau... (Rocket Lavoie, Le Quotidien)

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Le premier ministre du Canada, Justin Trudeau

Rocket Lavoie, Le Quotidien

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Joanna Smith
La Presse Canadienne

Le premier ministre Justin Trudeau dit vouloir faire table rase dans les relations du Canada avec la Chine.

M. Trudeau veut être en mesure de discuter de l'accès au marché chinois pour les produits et services canadiens, tout en réclamant aux dirigeants chinois des progrès en matière de droits de la personne, de démocratie et de gouvernance.

Lors d'une allocution vendredi à Saguenay, en marge du caucus libéral, le premier ministre a reproché au gouvernement de Stephen Harper d'avoir soufflé le chaud et le froid quant à certains dossiers impliquant la Chine.

M. Trudeau doit effectuer une visite officielle en Chine la semaine prochaine. Un haut fonctionnaire a confirmé qu'il y abordera la question épineuse des exportations canadiennes de canola. Ce dossier brûlant pourrait déjà envenimer les relations entre les deux pays.

Dans une entrevue accordée à La Presse canadienne, l'ambassadeur de Chine à Ottawa, Luo Zhaohui, a affirmé cette semaine que le Canada avait été intransigeant et injuste dans la façon dont il a entamé les pourparlers sur la question, sept ans plus tôt.

Les exportations de graines de canola soulèvent des inquiétudes dans une Chine préoccupée par la propagation d'une maladie fongique.

Elle exhorte le Canada à réduire de moitié la présence de matières végétales dans ses exportations d'ici le 1er septembre, un objectif difficile à atteindre pour les producteurs. Les autorités canadiennes ont donc refusé cette demande, assurant qu'il a été démontré scientifiquement qu'un tel changement ne réduirait pas les risques pour la santé.

Le premier ministre Trudeau maintient que si le Canada s'ouvre davantage sur le monde, ce sera pour créer des emplois, faire progresser l'économie et s'assurer que les biens canadiens aient accès à des marchés étrangers.

M. Trudeau a également présenté le Canada comme une oasis de paix pour les investisseurs étrangers, tandis que les pays en voie de développement manquent de stabilité et qu'une vague protectionniste se fait sentir aux États-Unis ainsi qu'en Europe.

«À l'heure où le monde est caractérisé par le populisme et l'antimondialisation, ce que le Canada a à offrir est une approche qui présente une stabilité politique, financière, économique et sociale ; une prévisibilité et une ouverture à la mondialisation grâce à l'extraordinaire diversité de notre population», a fait valoir le premier ministre.

En ce qui concerne les enjeux plus délicats sur le plan diplomatique, M. Trudeau a soutenu que la Chine avait tout intérêt à se présenter comme une alliée du Canada.

«Le Canada s'est forgé la réputation d'un pays qui défend une position ferme en matière de droits de la personne, et coopérer avec le Canada sera bénéfique pour la Chine, qui pourra ainsi continuer à démontrer qu'elle prend au sérieux les responsabilités qui viennent avec une place de plus en plus importante sur la scène internationale», a-t-il déclaré.

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