Un dernier au revoir à Mauril

Mauril Bélanger a appris qu'il était atteint de la sclérose... (Archives PC)

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Mauril Bélanger a appris qu'il était atteint de la sclérose latérale amyotrophique en novembre 2015, quelques semaines seulement après avoir été réélu dans la circonscription d'Ottawa-Vanier pour la huitième fois depuis son arrivée en politique fédérale.

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«En anglais, on dit souvent "it's not fair", mais ça arrive. Ça arrive à des gens de qui on est près. Et quand ça arrive, on a de la difficulté.»

C'est un Bernard Grandmaître très émotif qui a commenté le décès de son ami et collaborateur alors qu'il était député d'Ottawa-Est à Queen's Park, en soirée. Au téléphone, il affirme qu'il savait que l'état du député d'Ottawa-Vanier était inquiétant depuis quelques jours. Malgré tout, la nouvelle l'a frappé de plein fouet.

«J'ai de très bons souvenirs de Mauril... et de Catherine (NDLR: l'épouse de Mauril) qui a pris soin de lui. [...] Je ne peux pas faire autre chose que de prier pour son âme ce soir. Ça va être difficile de digérer ça.»

Même si elle s'attendait à cette nouvelle, Gisèle Lalonde a eu un choc en apprenant la triste nouvelle concernant l'ami qu'elle connaissait depuis ses débuts en politique. «Il me disait l'année dernière qu'il allait tellement bien. Sa voiture et sa maison étaient payées, et il pouvait jouir de sa famille. Ça m'a frappée; j'espérais qu'il pourrait vivre encore plusieurs années.»

Celle qui s'est battue aux côtés de Mauril Bélanger pour sauver l'hôpital Montfort au tournant du millénaire se souviendra de son compagnon d'armes comme d'un «vrai Franco-Ontarien». «Il y a des fois qu'il nous a vraiment aidés, s'émeut l'ex-présidente du Mouvement SOS Montfort. Il nous a même donné un coup de main pour aller chercher l'armée, qui nous aide énormément aujourd'hui. Mauril, c'est une personne qui a travaillé fort pour le Franco-Ontarien, et on ne l'oubliera jamais.»

Ami de Mauril depuis près de 30 ans, le député d'Hull-Aylmer, Greg Fergus, accueillait également la nouvelle avec un trémolo dans la voix, mardi soir. Il a confirmé que c'est bel et bien la SLA qui a eu raison «d'un homme exceptionnel».

Pour M. Fergus, le meilleur souvenir qu'il conserve de son ami, c'est au moment de la marche pour la SLA au Musée de la guerre en juin dernier. Dans son fauteuil roulant, il avait demandé à rentrer en raison du froid et de la pluie, indique l'élu d'Hull-Aylmer.

«Quand on s'est retourné, il n'y avait personne, sauf un monsieur dont je ne connais pas le nom. Il a approché Mauril et s'est arrêté devant lui, a enlevé son chapeau, et a dit tout simplement: "Merci M. Bélanger". [...] C'est un des meilleurs souvenirs que j'ai de l'impact qu'il avait sur notre communauté. Il a tout dit, avec tellement de sincérité.»

Le conseiller municipal de Rideau-Vanier, Mathieu Fleury, conserve quant à lui le souvenir d'un homme qui avait à coeur les enjeux qui touchent les plus démunis, comme l'aide aux toxicomanes et le logement. Il a tenu à offrir ses condoléances aux proches de Mauril.

«Il va passer à l'histoire, à Ottawa et dans la francophonie», croit M. Fleury.

«Il a été arrêté en plein vol. La vie est très injuste», s'est désolé Jean Poirier sous le coup de l'émotion.

D'abord député de Glengarry-Prescott-Russell, puis président de la branche régionale de ce qui est devenu l'Assemblée de la francophonie de l'Ontario, M. Poirier a fréquenté Mauril Bélanger pendant 40 ans dans le monde politique, puis à travers la francophonie ontarienne. De ses faits d'armes, Jean Poirier «pourrait en parler pendant une demi-heure». Mais il n'oubliera jamais que le député d'Ottawa-Vanier n'était pas de ceux qui «se couchent par terre et essaient d'imiter des tapis d'entrée».

«Je me souviendrai de son engagement, de sa détermination. En fait de conviction, tu ne pouvais pas le bouger facilement. C'était un roc de Gibraltar.»

Le premier ministre canadien Justin Trudeau n'a pas tardé de réagir via un communiqué. «Les immenses contributions de Mauril à notre pays et au reste du monde seront honorées et commémorées. Nous sommes tous appauvris par son décès.»

«Au revoir, mon ami», signe le premier ministre.

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