Le député Mauril Bélanger est décédé

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Élu pour la première fois à titre de député d'Ottawa-Vanier lors d'une élection partielle tenue le 13 février 1995, Mauril Bélanger a par la suite été réélu à sept reprises, toujours sous la bannière libérale.

Etienne Ranger, Archives LeDroit

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Le député fédéral Mauril Bélanger, qui représentait les électeurs d'Ottawa-Vanier depuis plus de 21 ans, s'est éteint mardi à l'âge de 61 ans, après une difficile lutte contre la sclérose latérale amyotrophique (SLA).

C'est le premier ministre Justin Trudeau qui en a fait l'annonce sur son compte Twitter. «Mauril Bélanger est décédé. Toute la famille parlementaire pleure ce grand ami, ce député infatigable et ce courageux combattant», peut-on lire dans le court message.

Le diagnostic de la SLA, aussi connue sous le nom de maladie de Lou Gehrig, était tombé comme une bombe dans la vie de Mauril Bélanger en novembre 2015. Il convoitait alors la présidence de la Chambre des communes. Il a suivi les recommandations de son médecin et s'est retiré de la course, croyant devoir renoncer à un rêve.

Son rêve a toutefois pu se réaliser malgré la progression fulgurante de la SLA, une maladie dégénérative incurable lui ayant rapidement faire perdre l'usage de la parole. Le 9 mars dernier, M. Bélanger a été président honoraire des Communes, dirigeant les déclarations des députés à l'aide d'un iPad muni d'un logiciel lisant à haute voix ses interventions. L'émotion était à son comble pour l'homme qui devait alors se déplacer en déambulateur, mais aussi pour ses collègues députés et ses proches présents pour l'occasion.

La maladie n'a pas empêché M. Bélanger, quelques mois avant son décès, de réclamer que la Ville d'Ottawa devienne officiellement bilingue à temps pour les célébrations de 2017 marquant le 150e anniversaire de la Confédération.

Il avait reçu ce soir-là le prix Bernard-Grandmaître, décerné par l'Association canadienne-française de l'Ontario (ACFO) à une personne qui a marqué Ottawa par son engagement et son leadership dans la promotion et le développement de la communauté francophone.

Une longue feuille de route

Élu pour la première fois à titre de député d'Ottawa-Vanier lors d'une élection partielle tenue le 13 février 1995, Mauril Bélanger a par la suite été réélu à sept reprises, toujours sous la bannière libérale.

Né le 15 juin 1955 à Mattawa, village du nord-est de l'Ontario où il a grandi, M. Bélanger a obtenu un baccalauréat en arts de l'Université d'Ottawa.

C'est là que l'engagement politique de M. Bélanger a pris racine: il a siégé au sein de la fédération étudiante de l'institution au milieu des années 1970. «Pendant deux ans, je n'ai pas étudié beaucoup, mais j'ai vraiment appris beaucoup», avait-il déclaré au journal étudiant anglophone de l'université, le Fulcrum, en 2015.

Son université se souviendra d'ailleurs longtemps de lui.

À l'automne prochain, l'Université d'Ottawa lancera une série de conférences en hommage à M. Bélanger, des rencontres où l'on discutera des enjeux en matière de politiques publiques. «La création de la série de conférences Mauril-Bélanger représente, pour nous, une façon d'honorer son dévouement à de nombreuses causes, notamment à celles des minorités linguistiques et de la francophonie, particulièrement en Ontario», déclarait Allan Rock, recteur et vice-chancelier de l'Université, en annonçant la série de conférences.

Mauril Bélanger a une longue feuille de route aux Communes, ayant occupé de nombreuses fonctions, et ce tant du côté du pouvoir que dans l'opposition. Au cours de ses différents mandats, il s'est intéressé à la dualité linguistique du Canada et a notamment été au coeur de la lutte pour la sauvegarde de l'Hôpital Montfort.

Plus récemment, il était revenu à la charge avec un projet de loi visant la modification de la version anglaise de l'hymne national pour y retirer un passage qu'il considérait à connotation sexiste.

Au milieu des années 2000, il a été ministre responsable de la Réforme démocratique, ministre responsable des Langues officielles, ministre associé à la Défense et ministre du Commerce intérieur.

Il a également été whip en chef du gouvernement pendant huit mois, en 2003 et 2004, et leader adjoint du gouvernement pendant plus de deux ans, de 2003 à 2006.

Pendant le règne conservateur, entre 2006 et 2015, il a notamment été porte-parole libéral en matière de Langues officielles, de Francophonie et de Patrimoine canadien.

Avant se faire le saut en politique, Mauril Bélanger a occupé diverses fonctions, tant dans le secteur public que dans le privé. Il a entre autres été l'adjoint de l'ancien député et ministre Jean-Luc Pepin, et chef de cabinet du président de la municipalité régionale d'Ottawa-Carleton.

Amateur de science-fiction, Mauril Bélanger aurait rêvé d'être astronaute, racontait-il en 2003. Son épouse Catherine, arrivée au pays à l'âge de 18 ans, est d'origine hongroise. Elle a un fils majeur, issu d'une première union. «Mauril et son épouse Catherine sont de fiers grands-parents», lit-on sur son site Internet, simplement baptisé mauril.ca.

- Avec La Presse canadienne

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