Brazeau veut que justice soit faite

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Le clan du sénateur de Maniwaki, Patrick Brazeau, va « explorer » la possibilité de poursuivre ceux qui l'ont accusé de fraude et d'abus de confiance, accusations desquelles il a été blanchi, mercredi, à Ottawa.

« C'est officiel, je suis retour au Sénat ! » a-t-il écrit sur Twitter, en milieu d'après-midi.

Patrick Brazeau, 41 ans, baignait dans l'eau chaude depuis plus de trois ans, après le dépôt par la Gendarmerie royale du Canada (GRC) d'accusations reliées à des dépenses injustifiées sur sa résidence secondaire.

L'eau est devenue plus tiède mercredi après le retrait de toutes les accusations de fraude et d'abus de confiance par la Couronne.

Le sénateur doit maintenant se défendre des accusations de garde et contrôle d'un véhicule avec les capacités affaiblies, et de refus de souffler dans l'alcootest, lors de deux événements distincts survenus à Gatineau et L'Ange-Gardien. M. Brazeau maintient son plaidoyer de non-culpabilité dans ces deux affaires.

Les causes en suspens au palais de justice de Gatineau sont d'ordre sommaire, ce qui permet, selon son avocat, Me Christian Deslauriers, de reprendre ses activités au Sénat. Les allégations de fraude étaient déposées par acte criminel, ce qui l'empêchait de siéger.

Le principal intéressé a rajouté sur Twitter qu'il ne souhaitait pas, même « à son pire ennemi », d'être « faussement accusé ». Quelques heures plus tard, le sénateur a gazouillé en anglais : « Je crois que Harper est libre de démissionner. Il n'aura pas à témoigner. »

M. Brazeau n'a pas précisé si ce « témoignage » éventuel était celui qui aurait eu lieu dans le cadre du procès pour fraude, ou celui qu'il pourrait intenter, peut-être, contre la GRC ou le Sénat.

Le sénateur a fait son entrée grâce à ce même ex-premier ministre conservateur, Stephen Harper.

En mêlée de presse, Me Deslauriers s'est montré prudent. « Je ne peux pas dire qu'il va y avoir poursuite, et je ne peux pas dire qu'il n'y en aura pas non plus. Évidemment, c'est quelque chose qu'on va explorer. Il y a effectivement des dommages sur M. Brazeau. Pour poursuivre le gouvernement, il y a discrétion de la Couronne de procéder. C'est assez difficile à attaquer, mais c'est quelque chose qui n'est pas exclu. »

Selon M. Brazeau, l'argent des Canadiens a été gaspillé. « Peut-être est-ce le vrai scandale », ajoute-t-il sur Twitter.

Le clan Brazeau semble croire qu'il y a eu ingérence politique dans les affaires de la GRC, avant le dépôt des accusations.

« Enquêter est une chose, accuser en est une autre, dit Me Deslauriers. S'il y a eu ingérence politique ? [...] Je peux le croire, je pense qu'il y en a eu, mais je ne peux pas le prouver. »

Le sénateur soutient qu'il avait, il y a trois ans, demandé des clarifications sur la façon de réclamer des sommes pour sa résidence secondaire à Gatineau. « On lui avait alors confirmé que ça pouvait se faire et on lui a envoyé une copie du règlement qui a été critiqué par (les firmes) Deloitte et KPNG comme étant complètement imprécises et difficiles à comprendre et interpréter. Ce qui a été confirmé par le juge Vaillancourt dans l'affaire Duffy. »

Duffy et Wallin sont aussi de retour au Sénat

Les sénateurs Mike Duffy et Pamela Wallin ont pu reprendre leur travail au Sénat.

Mike Duffy a été acquitté des 31 chefs d'accusation portés contre lui en avril dernier. Il avait accepté un chèque de 90 000 $ de l'ex-chef de cabinet de l'ancien premier ministre Stephen Harper, Nigel Wright, pour rembourser des allocations au Sénat.

Puis, en mai, la Gendarmerie royale du Canada (GRC) a annoncé qu'elle ne porterait aucune accusation criminelle contre sa collègue Pamela Wallin. Le lendemain, le sénateur libéral à la retraite Mac Harb voyait les accusations de fraude et d'abus de confiance contre lui être retirées.

M. Brazeau a été suspendu du Sénat pour avoir touché des allocations de logement et de déplacement auxquelles la Chambre haute a jugé qu'il n'avait pas droit. Le sénateur avait affirmé au Sénat que sa résidence principale était située à Maniwaki, alors qu'il louait une maison à Gatineau.

Les sénateurs peuvent avoir droit à des allocations s'ils habitent à plus de 100 km du parlement.

Avec La Presse Canadienne

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