Campagne de 2015: les libéraux ont dépensé plus que les conservateurs

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Lorsque Justin Trudeau a inscrit la réforme du mode de scrutin au programme du Parti libéral du Canada, il avait sans doute été averti de l'ampleur de la tâche.

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Joan Bryden
La Presse Canadienne
Ottawa

Les libéraux de Justin Trudeau ont dépensé un peu plus de 43 millions pour remporter les élections fédérales de l'automne dernier, soit 1,2 million de plus que les conservateurs de Stephen Harper.

Le fait que le troisième parti ait déboursé plus que celui au pouvoir, qui avait changé les règles électorales et lancé une longue campagne apparemment dans le but de se donner un avantage financier par rapport à ses rivaux moins fortunés, a surpris tout le monde, même le Parti libéral.

Mais les libéraux ont dit croire que c'était la manière dont les grandes formations politiques dépensaient leur argent et non le montant déboursé qui faisait la différence entre la victoire et la défaite.

Le Parti libéral a dépensé quatre fois plus que les conservateurs dans le domaine de la publicité numérique et des communications électroniques avec l'électorat.

Mais il a consacré moins d'un cinquième de la somme déboursée par le Parti conservateur pour les services permettant de joindre les électeurs par téléphone, un outil qu'il avait utilisé avec beaucoup de succès lors des campagnes précédentes, mais que les stratèges libéraux considèrent maintenant comme un moyen «archaïque» et inefficace de communiquer avec le public.

Les dépenses exorbitantes effectuées par les différents partis durant la campagne de 78 jours ont été dévoilées dans des rapports financiers soumis à Élections Canada.

«Lorsque nous avons appris que la campagne durerait 78 jours et sachant de quel genre de budget les conservateurs disposaient, nous nous sommes demandé: Comment allons-nous innover, comment allons-nous faire pour faire les choses de manière plus rapide, plus abordable, plus facile et mieux?», a raconté Tom Pitfield, stratège numérique en chef du Parti libéral durant la campagne.

«Le numérique avait le meilleur RI (rendement des investissements). Nous nous sommes donc concentrés sur cet avantage stratégique.»

Les rapports financiers montrent que les libéraux et les conservateurs ont dépensé des sommes similaires pour les annonces télévisées et radiophoniques, soit respectivement 18,9 millions et 17,3 millions. Ces publicités représentent la plus importante dépense pour les deux campagnes.

Mais le Parti libéral a aussi déboursé 8,8 millions pour d'autres types d'annonces, que M. Pitfield a décrites comme étant principalement de la publicité numérique et des communications électroniques avec l'électorat.

Le Parti conservateur n'a consacré qu'un peu moins de 2 millions à ce secteur. Par contre, il a dépensé 5,1 millions pour communiquer avec les électeurs par téléphone, contre seulement 436 000 $ pour les libéraux.

«Communiquer avec quelqu'un ailleurs qu'en ligne est un moyen extrêmement inefficace d'essayer de joindre les gens, a affirmé le stratège libéral. D'autres dirigeants de campagnes pourraient penser différemment, mais à mes yeux, c'est très archaïque.»

Selon Tom Pitfield, le problème avec cette approche traditionnelle, c'est que 25 % des Canadiens n'ont maintenant que des téléphones mobiles et que 42 % d'entre eux ne regardent pas la télévision.

«Alors, si vous n'êtes pas numériques, vous marginalisez entre le quart et le tiers de votre vote», a-t-il indiqué.

M. Pitfield a soutenu que les libéraux avaient joint 18 millions de Canadiens, soit la moitié de la population, grâce à leur campagne numérique, notamment par le biais de Facebook, Google et YouTube.

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