Traduction au fédéral: le privé dépeint une «autre réalité»

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Pour des contrats avec les ministères, les fournisseurs doivent passer par un processus d'offres à commandes en fixant un prix pour l'année, qui s'approche davantage de 24 ou 26 cents le mot.

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Paul Gaboury
Le Droit

Plusieurs fournisseurs en services en traduction du secteur privé affirment que la réalité de leur industrie est très différente que celle dépeinte dans le débat sur le Bureau de la traduction (BT), à l'étude du comité parlementaire des langues officielles.

Parmi les nombreux courriels reçus, un dirigeant d'entreprise a contesté le coût par mot dans le secteur privé, évalué à 34 cents par un dirigeant du BT devant le comité des langues officielles, le mois dernier. Il a aussi mis en doute les chiffres obtenus par l'opposition néodémocrate, révélant que des ministères ont pu payer jusqu'à six fois le prix du privé. 

Pour des contrats avec les ministères, les fournisseurs doivent passer par un processus d'offres à commandes en fixant un prix pour l'année, qui s'approche davantage de 24 ou 26 cents le mot.

La concurrence est rendue tellement forte que certains obtiennent des contrats à 18 cents le mot, et même moins. Ils doivent donc payer leurs employés à des prix très bas, loin des salaires et avantages versés aux traducteurs syndiqués du BT.

«Certains descendent à 18 cents le mot ou même plus bas. Mais à ce prix, c'est difficile de faire ses frais. C'est rendu un marché très difficile. Ils sont en train de nous détruire», a raconté un dirigeant d'entreprise de traduction, qui a requis l'anonymat.

«Nous prenons tous les risques, poursuit-il, mais pas le BT qui a, comme fournisseur, environ 85 à 90% de toute la traduction du gouvernement, sans passer le même processus concurrentiel.»

Au cours des cinq dernières années, des entreprises ont perdu une part importante de leurs contrats en raison de cette concurrence féroce que se livrent les différents joueurs de cette industrie.

Baisser les prix

Un autre dirigeant d'une entreprise de traduction du secteur privé a avoué ne pas avoir de contrats fédéraux, notamment en raison de la complexité du processus en place. Mais il confirme que 24 cents pour des «traductions générales» dans les deux langues officielles est un tarif plus juste pour le privé.

«L'industrie de la traduction est soumise aux forces de la mondialisation. De plus en plus d'entreprises étrangères accaparent une part de marché importante au Canada grâce à des outils de traduction automatisée qui augmentent la productivité tout en réduisant les prix et en conservant une qualité élevée», a expliqué cet autre dirigeant, qui a lui aussi requis l'anonymat. 

Bien au courant de l'outil de traduction automatique Portage développé par BT, cet autre dirigeant dit qu'il faudra une bonne décennie avant que l'on puisse atteindre le niveau de qualité nécessaire requis pour une utilisation à grande échelle, comme c'est actuellement proposé à la fonction publique.

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