Le Bureau de la traduction ne recule pas

Les responsables du Bureau de la traduction ont défendu la décision de lancer,... (Etienne Ranger, Archives LeDroit)

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Paul Gaboury
Le Droit

Les responsables du Bureau de la traduction ont défendu la décision de lancer, dès le 1er avril, un nouvel outil de traduction automatique destiné à l'ensemble de la fonction publique devant le comité des langues officielles de la Chambre des communes.

La présidente-directrice générale Donna Achimov, et deux vice-présidents, Adam Gibson et David Schwartz, ont fait face au barrage de questions des députés qui voulaient obtenir des explications sur cet outil de traduction qui soulève des inquiétudes auprès de nombreux experts et défenseurs de la langue française. 

Le député libéral Mauril Bélanger a demandé aux dirigeants de faire la lumière sur la situation au Bureau de la traduction en demandant des chiffres sur les postes abolis, l'impact sur les services offerts et la capacité des institutions fédérales à respecter leurs obligations linguistiques.

La directrice Achimov a expliqué que le Bureau de traduction devait s'adapter à la nouvelle réalité pour rester pertinent, en se donnant une plus grande flexibilité pour mieux gérer les coûts comme 'une entreprise du secteur privé' et en offrant des outils pour encourager les fonctionnaires à utiliser les deux langues officielles.

L'outil de traduction automatique viendra combler un besoin auprès des fonctionnaires fédéraux qui utilisent couramment les outils de traduction commerciaux Google et Microsoft chaque jour. 

«Il fallait répondre à ce besoin en offrant un outil développé avec la terminologie de la fonction publique», a rappelé Mme Achimov. 

Retarder le lancement?

Le député néo-démocrate François Choquette a demandé à la dirigeante Achimov s'il ne valait pas mieux de retarder l'installation de l'outil de traduction automatique sur les postes de travail des fonctionnaires en avril. Il a rappelé la controverse qu'il soulève auprès de nombreux experts, et la piètre qualité des traductions obtenues lors d'essais réalisés récemment avec des phrases tirées de la vie quotidienne. 

«C'est bien mal commencé. Avec la controverse, ne pensez-vous pas qu'il serait préférable de retarder le projet?» a-t-il demandé. 

Mme Achimov n'a pas voulu laisser planer de doute à ce sujet et lui a alors répondu que l'outil n'a pas été conçu spécifiquement pour traduire les phrases de la vie quotidienne, mais davantage pour aider les fonctionnaires à comprendre la terminologie de la fonction publique dans l'autre langue officielle. Elle a aussi rappelé que l'outil ne servira pas à la traduction de documents officiels, mais plutôt à de courts messages non officiels. Un avertissement informera les fonctionnaires à chaque utilisation qu'ils pourront obtenir de l'aide d'un traducteur du Bureau de la traduction si nécessaire. 

Les députés n'en ont pas encore fini avec ce dossier puisqu'ils ont l'intention de faire comparaître divers intervenants qui viendront discuter devant eux des changements en cours au Bureau de la traduction pendant au moins deux autres séances du comité.

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