Logiciels de traduction: il ne faut pas «dramatiser»

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Paul Gaboury
Le Droit

Les logiciels de traduction sont des outils utilisés depuis déjà plusieurs années par les traducteurs professionnels, et il faut faire attention de ne pas «dramatiser» lorsque l'on parle de leur impact sur les humains.

Professeur agrégé en traduction et interprétation à l'Université d'Ottawa, Charles Le Blanc a décidé d'intervenir dans le débat suscité par la mise en place d'un outil de traduction automatique dans la fonction publique. 

«Au Canada, il y a un flot important de traductions qui permettent de développer des logiciels de qualité. Depuis plus de 30 ans, on alimente des mémoires et les logiciels se souviennent. Ils sont capables de traduire de gros volumes de documents. Et dans nos cours, c'est un outil que l'étudiant doit apprendre à maîtriser», explique M. Le Blanc.

En utilisant ces outils, les traducteurs s'assurent de la qualité des traductions au lieu de traduire un document qui déjà été traduit, ce qui permet une meilleure utilisation de leurs compétences. «La version automatisée d'un document permet une pré-traduction et le traducteur va s'assurer que la traduction est de bon niveau. Le traducteur va devenir de plus en plus un réviseur spécialisé», dit-il.

Pas à l'abri de la sottise

Si on reste dans le domaine des communications internes, ce n'est pas très important, de l'avis du professeur Le Blanc.  

 «Souvent, les histoires d'horreur que l'on entend à la fonction publique, c'est qu'on a fait appel à un francophone de service pour traduire un document au lieu d'un traducteur. Mais nous ne sommes jamais à l'abri de la sottise. Un tel outil pourrait permettre à un anglophone de se débarrasser de l'obligation d'apprendre le français, par exemple.»

Si l'on doit s'indigner de quelque chose en traduction, c'est certainement de ces mauvaises traductions faites par des humains qui, parce qu'ils parlent le «bilingue», croient savoir traduire, ajoute le professeur. 

«Ou de ces différents paliers d'administrations politiques qui ne traduisent pas en vertu d'un idéal de communication culturelle, mais pour respecter un cadre législatif qui l'impose.» 

Enfin, selon le professeur Le Blanc, on doit aussi s'indigner «de nous-mêmes» d'être si peu exigeants envers le français que l'on nous sert. «Au restaurant, on retourne un plat qui semble avarié, mais au bureau, à la maison, dans la rue, on avale le mauvais français sans broncher, lui qui est pourtant est un poison mortel pour l'esprit.»

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