Le conjoint de Maude Carrier raccroche la ligne au nez de Trudeau

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Lina Dib
La Presse Canadienne
Ottawa

Le conjoint de Maude Carrier, une des six victimes québécoises tuées à Ouagadougou la semaine dernière, a raccroché la ligne au nez de Justin Trudeau, lundi, excédé par le ton du premier ministre.

C'est ce que Yves Richard a confié au micro de Paul Arcand, jeudi matin, au 98,5 FM.

M. Richard a longuement raconté ses frustrations dans les premières heures après l'attentat, reprochant au ministère des Affaires étrangères d'avoir manqué de tact et d'empathie. Il a dit que depuis, les fonctionnaires du ministère se sont ressaisis et offrent aux familles des victimes un bien meilleur service.

«Cassette»

Cependant, il en veut au premier ministre Trudeau qui lui a téléphoné lundi après-midi, lui offrant ce que M. Richard a qualifié de «cassette».

«Mon premier ministre m'a appelé dans une formule tout à fait cassette, me souhaitant bonne chance et ses condoléances et me sortant la cassette comme de quoi c'était une fierté canadienne. Et là, je lui ai demandé d'arrêter son blabla politique», a raconté M. Richard à l'animateur de radio.

«Tant qu'à m'appeler, qu'il apprenne donc qui étaient les Carrier. Ils ne le faisaient pas pour être une fierté canadienne mais bien parce que c'étaient des gens foncièrement bons. Et comme je le lui ai dit, ils le faisaient pour eux et pour les gens qu'ils aidaient», a-t-il rapporté.

«Là-dessus, je lui ai demandé d'aller embrasser sa femme et de serrer ses enfants. Je lui ai raccroché au nez et ça m'a fait du bien, bon!», a-t-il aussi révélé.

L'homme, manifestement éploré, a également relaté l'appel qu'il a reçu dimanche du premier ministre québécois Philippe Couillard. Celui-ci lui a promis de simplifier les procédures administratives pour faciliter les choses; une démarche que M. Richard a beaucoup plus appréciée.

Offusqué

Le conjoint de Mme Carrier a semblé s'offusquer du fait que le premier ministre canadien lui ait téléphoné 24 heures après son homologue québécois.

«Ça a pris du temps, s'est-il indigné. M. Dion? pensez-y même pas. Ministre des Affaires étrangères... Est-ce que j'y tenais? C'est une autre question», a-t-il lâché dans cette entrevue d'une quinzaine de minutes où il a semblé, à plusieurs reprises, retenir ses larmes.

M. Richard a longuement parlé de la famille de sa conjointe et du travail humanitaire accompli au Burkina Faso par les Carrier. «Si c'est une façon d'honorer leur mémoire... si vous saviez à quel point ça me fait plaisir», a-t-il conclu.

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