Femmes autochtones: le mandat de l'enquête pourrait être large

Tout se met en place pour que la commission d'enquête fédérale sur les femmes... (Archives, La Presse Canadienne)

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Tout se met en place pour que la commission d'enquête fédérale sur les femmes autochtones se voit confier un mandat très large, qui engloberait les sévices commis envers elles par des policiers.

Les cas allégués de Val-d'Or, où des femmes autochtones ont affirmé avoir été victimes de sévices sexuels aux mains de policiers de la Sûreté du Québec, feraient donc partie des enjeux examinés par la future commission, qui en est à l'étape des pré-consultations.

Au départ, Ottawa devait enquêter uniquement sur les nombreux cas de femmes autochtones disparues ou assassinées, une promesse faite par les libéraux de Justin Trudeau. On estime que 1200 femmes autochtones ont été assassinées ou portées disparues, au cours des 30 dernières années, au Canada.

La tournée de pré-consultation du gouvernement fédéral à travers le pays, qui vise à prendre le pouls des victimes et de leurs proches ainsi qu'à mieux cerner leurs attentes, s'est arrêtée jeudi à Québec.

Après les nombreux témoignages entendus depuis environ un mois d'un bout à l'autre du Canada, la ministre fédérale des Affaires autochtones, Carolyn Bennett, a dit en être venue à la conclusion que le drame survenu à Val-d'Or n'était qu'un symptôme d'un problème beaucoup plus vaste, présent partout au pays, et que son gouvernement était déterminé à s'attaquer à la racine du mal.

Le type de relations entretenues entre les corps policiers et les femmes autochtones «est un problème systémique», qui dépasse de beaucoup le territoire de Val-d'Or, a commenté la ministre Bennett, en point de presse. Elle a pointé du doigt la formation déficiente des policiers sur ces questions.

«Nous voyons Val-d'Or comme un symptôme d'un problème beaucoup plus important, et nous voulons nous attaquer à la racine de ce très gros problème», a indiqué la ministre, qui doit terminer le processus de consultations d'ici la mi-février. Sa tournée se poursuit vendredi à Montréal.

L'enjeu des relations problématiques entre policiers et autochtones est un de ceux qui ont été abordés souvent par les personnes venues témoigner, a indiqué la ministre Bennett.

Au Québec, Mme Bennett, pas très à l'aise en français, était accompagnée de la ministre du Patrimoine canadien, Mélanie Joly. Celle-ci s'est montrée touchée par les témoignages entendus et n'a pas hésité à parler du racisme et du sexisme dont certaines femmes autochtones peuvent être victimes.

«C'est extrêmement touchant. C'est bouleversant» d'entendre les drames racontés par toutes ces victimes, a relaté Mme Joly.

Comme sa collègue, elle soutient que le drame de Val-d'Or, «un événement marquant», n'est qu'un cas parmi tant d'autres d'un océan à l'autre.

«C'est peut-être un tabou, mais c'est quand même une réalité. C'est pas parce que c'est un tabou que ça n'existe pas. Alors on essaie de lever le voile sur ce tabou», a-t-elle commenté durant le point de presse.

La condition des femmes autochtones est «un problème qui est systémique, qui touche le système de justice, l'administration de la justice, les corps policiers, la relation au sein des communautés, les enjeux de sexisme, de racisme», a énuméré la ministre.

Val-d'Or «c'est un symptôme d'une problématique qui est pancanadienne», a-t-elle ajouté.

Le 8 décembre, le gouvernement fédéral annonçait la création d'une enquête pancanadienne sur les femmes autochtones disparues et assassinées. L'enquête comme telle ne débutera pas avant plusieurs mois.

La pré-consultation menée actuellement aidera Ottawa à préciser l'étendue qu'il veut donner à cette enquête et à définir le mandat confié aux futurs commissaires.

À Québec, jeudi, neuvième jour de consultation, les ministres ont rencontré une trentaine de personnes. À ce jour, il s'agit du plus petit groupe, depuis le début de la consultation, qui peut attirer jusqu'à 150 personnes chaque fois. Les rencontres se font en privé, à l'abri des caméras.

Il n'y avait personne en provenance de Val-d'Or.

«Nous sommes déterminés à faire une différence» avec la future commission, a promis Mme Bennett.

En marge d'une rencontre fédérale-provinciale qui se tenait également à Québec, le ministre intérimaire de la Sécurité publique, Pierre Moreau, a déclaré qu'il était exagéré de dire qu'un problème de racisme systémique existe au sein des corps policiers.

«Je ne serais pas prêt à dire qu'il y a une situation systémique où la police, c'est des racistes, a-t-il dit. Il y a des gens qui ont des mauvaises relations, il y a des individus, dans les corps policiers comme dans l'ensemble de la société, qui sont extrêmement ouverts aux autres cultures.»

M. Moreau a affirmé qu'il n'a pas d'indication sur le moment où l'enquête du Service de police de la Ville de Montréal sera conclue sur les cas d'agressions alléguées à Val-d'Or.

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