Le Canada «sélectionne avec soin» ses réfugiés, dit McCallum

Le ministre fédéral de l'Immigration, John McCallum, et... (Sean Kilpatrick, PC)

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Le ministre fédéral de l'Immigration, John McCallum, et la ministre de la Santé, Jane Philpott, se sont félicités que le Canada ait franchi le cap des 10 000 réfugiés syriens arrivés au pays.

Sean Kilpatrick, PC

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Fannie Olivier
La Presse Canadienne

Le ministre fédéral de l'Immigration ne craint pas la montée au Canada d'un sentiment anti-réfugiés comme celui observé actuellement en Allemagne, dans la foulée des agressions du Nouvel An à Cologne.

Alors que le Canada a accueilli mardi en soirée son 10 000e réfugié provenant de Syrie depuis l'arrivée des libéraux au pouvoir, John McCallum juge la situation au pays incomparable avec celle de l'Allemagne.

En point de presse à Ottawa, mercredi, il a dit être «très conscient» des problèmes survenus dans ce pays européen, mais ne pas avoir l'impression que cela pourrait se produire au Canada.

D'abord, l'ampleur du phénomène d'immigration marque une importante différence. Près d'un million de réfugiés syriens ont franchi les frontières de l'Allemagne, alors que l'objectif d'accueil du Canada demeure de 25 000, a-t-il rappelé.

«Ceux que nous recevons, nous les avons sélectionnés avec soin. La plupart d'entre eux ne sont pas des hommes célibataires. La plupart sont des familles, alors que l'Allemagne accepte tous ceux qui arrivent à ses frontières», a-t-il ajouté.

M. McCallum estime par ailleurs que le Canada a «une longue tradition d'accueil et d'intégration réussie des immigrants».

L'attaque au poivre de Cayenne survenue à Vancouver est ainsi à ses yeux «un incident isolé». Samedi, un homme à vélo a aspergé de poivre de Cayenne des réfugiés syriens fraîchement débarqués au pays qui participaient à une soirée d'accueil au centre de l'Association musulmane du Canada.

«Je pense que cela n'est pas un indicateur de ce qui peut arriver, mais il faut (faire attention). Il faut éviter une telle éruption des sentiments contre les réfugiés», a-t-il noté.

À Cologne, plus de 500 femmes ont rapporté avoir été agressées, parfois sexuellement, par des hommes en groupe. Plusieurs des suspects identifiés étaient des demandeurs d'asile. Des violences anti-étrangers ont été constatées depuis dans la ville allemande.

Ottawa n'envisage pas de nouvelles mesures spécifiques pour éviter ce genre de situation, mais la ministre de la Santé, Jane Philpott, qui siège également sur le comité spécial chargé des réfugiés, a souligné qu'il existait déjà des programmes favorisant l'intégration culturelle des immigrants.

«La phase d'intégration, qui ultimement est la phase la plus importante, est de s'assurer que ces réfugiés syriens s'intègrent bien à la culture canadienne, qu'ils comprennent nos valeurs et pratiques culturelles», a-t-elle soutenu.

Le cap de 10 000 réfugiés syriens franchi

Les deux ministres se sont d'autre part félicités que le Canada ait franchi le cap des 10 000 réfugiés syriens arrivés au pays, mardi en fin de soirée. L'atteinte de cet objectif survient un peu moins de deux semaines après l'échéancier du 31 décembre que s'étaient fixé les libéraux.

En campagne électorale, Justin Trudeau avait promis d'accueillir 25 000 réfugiés avant la fin de l'année. Il avait éventuellement dû rajuster le tir et visait plutôt un objectif de 10 000 personnes admises en sol canadien au 31 décembre.

Au total, depuis le 4 novembre, c'est donc 10 121 Syriens réfugiés au Liban, en Jordanie ou en Turquie qui ont pris place à bord d'un des 38 vols organisés par Ottawa et ont ainsi traversé l'Atlantique pour se construire une nouvelle vie au Canada.

Le gouvernement fédéral se dit «très confiant» de parvenir à accueillir un total de 25 000 réfugiés syriens d'ici la fin du mois de février.

Certains de ces nouveaux venus pourraient passer jusqu'à deux semaines dans des logements temporaires - incluant sur des bases militaires - avant de pouvoir s'installer pour de bon, a par ailleurs signalé M  McCallum.

Pour le ministre, ce passage obligé dans un logement temporaire est somme toute un moindre mal pour les nouveaux venus. «Je ne pense pas que passer une semaine ou deux dans un hébergement temporaire sera une expérience dévastatrice pour eux compte tenu d'où ils viennent», a-t-il noté.

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