2015, le début d'une nouvelle ère pour le PLC

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Les libéraux se sont empressés de marquer une rupture avec l'ancien  gouvernement dès leur élection.

Hugo-Sébastien Aubert, Archives La Presse

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Mélanie Marquis
La Presse Canadienne

«Nous sommes de retour!» s'exclamait le 20 octobre dernier un Justin Trudeau fraîchement élu, signalant aux alliés internationaux du Canada que la nation compatissante et facilitatrice de jadis renaissait avec la victoire de ses libéraux.

Son gouvernement n'a pas tardé à afficher ses couleurs. En l'espace de deux mois à peine, les ministres libéraux hyperactifs ont multiplié les annonces visant à reconfigurer le Canada que le gouvernement conservateur de Stephen Harper a passé une décennie à refaçonner.

Ils ont - entre autres - rétabli le formulaire long du recensement, retiré les appels déposés par le précédent gouvernement dans les causes sur le niqab et sur les soins de santé pour les réfugiés et déclenché la première phase de l'enquête sur les femmes autochtones disparues ou assassinées.

La ministre fédérale de la Justice, Jody Wilson-Raybould, qui a été impliquée dans plusieurs des dossiers traités par le gouvernement libéral depuis son élection, se réjouit du changement de cap qui s'est opéré au cours des dernières semaines à Ottawa.

«Nous voulions nous assurer que nous respections nos promesses, mais aussi, et en particulier dans mon ministère, que nous respections la Charte des droits et libertés et les valeurs canadiennes», a-t-elle expliqué en entrevue téléphonique depuis Vancouver.

«Les décisions dans les dossiers du niqab et des soins de santé pour les réfugiés reflètent cela, et je dois dire que je suis incroyablement honorée de faire partie d'un gouvernement qui accueille et respecte la diversité», a enchaîné Mme Wilson-Raybould.

Marquer la rupture

L'empressement des troupes libérales à marquer une rupture après 10 ans de règne conservateur au fédéral n'a rien de bien étonnant, fait remarquer Thierry Giasson, professeur au département de science politique de l'Université Laval.

«Il faut agir rapidement. Les électeurs sont très exigeants envers les gouvernements, analyse-t-il. Je pense que cette équipe-là comprend ça et a décidé de faire beaucoup de choses, de faire beaucoup de choses rapidement, et de marquer des coups.»

Et les dossiers que les libéraux ont choisi de faire avancer en priorité n'ont pas été sélectionnés au hasard, suggère M. Giasson. «Ils ont agi auprès des segments de l'électorat à qui ils se sont adressés pendant la campagne. Ils répondent aux attentes de ces gens-là», dit-il.

Il cite notamment la baisse d'impôt pour la classe moyenne, adoptée au jour 5 de la nouvelle législature, et les étapes franchies pour bâtir une nouvelle relation avec les nations autochtones, lesquelles n'étaient «pas particulièrement des grandes alliées» des conservateurs, illustre-t-il.

La ministre Wilson-Raybould fait valoir de son côté que certaines décisions devaient simplement «être prises plus rapidement que d'autres». Elle dit avoir hâte de «continuer dans cette veine en 2016», en «prenant des décisions qui sont le reflet de qui nous sommes en tant que Canadiens».

Car avec Stephen Harper aux commandes, le pays était «en train de dérailler», soutient celle qui est devenue le 4 novembre dernier la première Autochtone à occuper le poste de procureure générale du Canada.

Ce n'est évidemment pas l'avis des conservateurs. Si leur chef intérimaire, Rona Ambrose, a changé son fusil d'épaule et appuyé l'enquête nationale sur les femmes autochtones disparues ou assassinées, des désaccords fondamentaux subsistent dans bon nombre de dossiers.

La décision de retirer l'appel dans la cause du niqab a ainsi été qualifiée de «très mauvaise» par le député Gérard Deltell, tandis que celle de ne plus appliquer la Loi sur la transparence financière des Premières Nations a été présentée comme «un pas en arrière» par sa collègue Cathy McLeod.

Et il y en aura d'autres - le «retour» évoqué par Justin Trudeau le 20 octobre dernier se frottera à la résistance des conservateurs lorsque se préciseront les informations entourant un autre «retour»: celui des CF-18 canadiens qui bombardent le groupe armé État islamique en Irak et en Syrie.

Déjà, Rona Ambrose a trouvé le moyen de détourner son slogan pour critiquer la position libérale dans ce dossier. «Le Canada n'est pas de retour. Le Canada a plutôt tourné le dos», s'est-elle moquée la première fois qu'elle a croisé le fer avec le premier ministre en Chambre.

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