Trudeau ne peut forcer le pape à s'excuser

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Justin Trudeau a rencontré, mercredi, les chefs de cinq grandes organisations autochtones.

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Le premier ministre Justin Trudeau a admis, mercredi, qu'il ne pouvait pas obliger le pape François à présenter des excuses pour le rôle joué par l'Église catholique dans le scandale des pensionnats pour jeunes Autochtones au Canada. Mais contrairement à son prédécesseur à Ottawa, il «souhaite ardemment» aborder le sujet avec le pontife.

M. Trudeau a rencontré pendant plus de deux heures, mercredi matin, les chefs de cinq grandes organisations autochtones, au lendemain de la publication du rapport final de la Commission de vérité et réconciliation du Canada sur le douloureux héritage laissé par ces pensionnats fédéraux, dont 60 pour cent étaient dirigés par des prêtres catholiques.

Dans un rapport préliminaire déposé en juin dernier, la commission, présidée par le juge Murray Sinclair, avait soumis 94 «appels à l'action» pour favoriser la réconciliation entre les Premières Nations et le gouvernement canadien. Les excuses officielles du chef de l'Église catholique aux survivants faisaient partie de ces recommandations, que les libéraux se sont engagés à mettre en oeuvre en totalité.

Les conservateurs, qui avaient présenté les excuses officielles du gouvernement canadien en 2008, s'étaient abstenus de commenter le rapport préliminaire en juin dernier, préférant attendre le rapport final. Le premier ministre Stephen Harper, en visite au Vatican une semaine plus tard, avait cependant évité d'aborder la question avec le pape François, au cours d'une audience de 10 minutes.

En point de presse mercredi, à Ottawa, M. Trudeau, flanqué de cinq chefs autochtones nationaux, n'a pas voulu susciter des espoirs trop grands. «Je ne prétendrai pas qu'il est de ma responsabilité d'ordonner à un autre gouvernement ou à toute autre organisation ce qu'ils doivent faire. Mais je souhaite ardemment un engagement constructif là où on discutera de cette question, parce que très franchement, plusieurs organisations, à différents niveaux, doivent reconnaître le rôle qu'elles ont joué dans ce terrible chapitre de l'histoire canadienne.»

«Génocide culturel»

Financé par le gouvernement fédéral, le programme de pensionnats pour autochtones a été créé dans les années 1840, avant la naissance de la fédération, et il a disparu avec la fermeture du dernier établissement en 1996. Au terme de six ans de travaux, la Commission Sinclair a conclu que les pensionnats constituaient la pièce maîtresse d'une politique de «génocide culturel» conçue pour «tuer l'Indien dans chaque enfant», un drame pour lequel le pape ne s'est toujours pas officiellement excusé.

Le chef de l'Assemblée des Premières Nations, Perry Bellegarde, qui a pris part à la rencontre avec le premier ministre, mercredi, a indiqué qu'il militerait toujours pour obtenir les excuses officielles du chef de l'Église catholique, «la seule Église qui ne l'ait pas encore fait», a-t-il déploré.

Il dénonce aussi la bulle papale de 1493, qui accordait aux explorateurs chrétiens le droit de réclamer toute terre qui n'était pas déjà habitée par des chrétiens. Selon le chef Bellegarde, il serait grand temps de révoquer cet édit pontifical, qui prenait appui alors sur une doctrine «illégale et raciste».

Outre M. Bellegarde, le premier ministre Trudeau a rencontré mercredi matin le chef du Congrès des peuples autochtones, Dwight Dorey, la présidente de l'Association des femmes autochtones, Dawn Lavell Harvard, le président du Ralliement national des Métis, Clément Chartier, et le président d'Inuit Tapiriit Kanatami, Natan Obed.

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