Ottawa rencontrera les familles des femmes autochtones assassinées

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Le premier ministre, Justin Trudeau, et le chef de l'assemblée des Premières Nations, Perry Bellegarde lors de l'annonce du premier jalon de l'enquête publique sur les femmes autochtones assassinées et disparues.

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Fannie Olivier
La Presse Canadienne

Le gouvernement de Justin Trudeau a planté mardi le premier jalon de l'enquête publique sur les femmes autochtones assassinées et disparues, en annonçant qu'il entamait la conversation avec les familles touchées.

Cette première phase consultative servira à déterminer quelle forme devrait prendre l'enquête réclamée depuis tant d'années par de nombreuses communautés.

Rassemblés dans le foyer de la Chambre des communes pour entendre les détails de l'annonce, de nombreux proches de ces femmes au destin tragique essuyaient des larmes. Pour eux, il s'agit d'un premier pas vers la guérison.

«Nos femmes, elles sont aimées. Ce ne sont pas juste des gens qu'on peut jeter. Elles nous manquent à chaque jour», a confié Bernadette Smith, de Winnipeg, dont la soeur est portée disparue depuis 2008.

L'enquête qui s'annonce remuera des émotions, mais le processus est nécessaire. «Ça va être émotif. Ils rouvrent de vieilles plaies. C'est difficile quand vous n'avez pas de réponse», a-t-elle concédé.

La ministre de la Justice, Jody Wilson-Raybould, a indiqué que le gouvernement consulterait les familles des victimes dans les prochaines semaines. Le but est de recueillir leurs commentaires sur les objectifs que devrait avoir l'enquête sur les quelque 1200 femmes et filles disparues ou assassinées au Canada.

Cette première étape prendra «autant de temps» qu'il faudra pour s'assurer qu'elle est effectuée correctement, a signalé à ses côtés la ministre des Affaires autochtones, Carolyn Bennett, également flanquée de la ministre de la Condition féminine, Patty Hajdu.

Les trois ministres prendront la route dès la semaine prochaine pour s'entretenir avec des familles éprouvées.

On ignore pour l'instant de nombreux détails de cette phase un: où elles se rendront en premier, qui elles interrogeront, par qui seront-elles assistées.

Cette enquête ne pourra pas réparer ce qui s'est passé, elle aidera à trouver des solutions pour l'avenir, selon la ministre Wilson-Raybould, ajoutant que le Canada «pouvait et devait faire mieux» sur ce front.

«Avec la première phase, nous allons mener des consultations sur la meilleure conception possible pour l'enquête, a renchéri Mme Bennett. L'enquête elle-même vise à trouver des actions concrètes pour mettre fin à cette tragédie nationale.»

Elle a précisé que des consultations seraient menées également sur Internet, où les Canadiens pourront écrire leurs suggestions, ce qui aidera à élaborer le mandat de l'enquête.

Les frais encourus durant cette première phase seront assurés par les budgets des trois ministères. Pour la suite, M. Trudeau avait évoqué en campagne électorale la somme de 40 millions $ sur deux ans pour mener à bien l'exercice.

Les conservateurs - qui sous Stephen Harper avaient refusé systématiquement un tel exercice - appuient désormais la démarche. La chef intérimaire Rona Ambrose n'a d'ailleurs rien à reprocher aux libéraux dans ce dossier. «Je pense qu'ils ont un excellent départ», a-t-elle déclaré à la sortie de la période de questions. Le chef néo-démocrate Thomas Mulcair a pour sa part rappelé que sa formation demandait depuis longtemps une enquête nationale. Il craint désormais qu'elle traîne en longueur.

«J'ai essayé aujourd'hui de questionner le premier ministre sur l'échéancier. Comme il s'agit d'une affaire urgente, je voulais savoir si on pouvait s'attendre à des recommandations et à des actions d'ici la fin de 2016», a-t-il relaté à sa sortie des Communes. Il n'a pas obtenu de réponse. M. Mulcair se demande également si les budgets seront suffisants.

De façon générale, les groupes autochtones ont salué d'une même voix l'initiative.

«Je pense que nous sommes tous d'accord que le ton aujourd'hui est fondamentalement différent de ce que nous avons entendu au cours des dix dernières années», a soutenu la conseillère spéciale auprès du gouvernement du Manitoba sur cet enjeu, Nahanni Fontaine.

«Je pense que pour les familles à travers le pays, aujourd'hui marque un jour d'espoir que nous n'avions pas cinq ou six semaines plus tôt», a-t-elle conclu.

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