Lutte à l'ÉI: le Canada défend la refonte de sa mission

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Le ministre Stéphane Dion a notamment rencontré secrétaire d'État américain, John Kerry.

Jonathan Ernst, AFP

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Murray Brewster
La Presse Canadienne
BRUXELLES

La mission réorientée de l'armée canadienne en Irak ratissera plus large que les seules activités militaires et pourrait comprendre un important contingent de formateurs policier s, a affirmé mercredi le ministre des Affaires étrangères, Stéphane Dion.

À Bruxelles pour une rencontre avec les délégués de l'OTAN, M. Dion s'est trouvé souvent questionné, dans les couloirs des quartiers généraux de l'Alliance, au cours des deux derniers jours, quelquefois par des pays désireux que le Canada se joigne à eux dans leurs opérations armées contre le groupe État islamique (ÉI).

Dans l'une des neufs rencontres bilatérales qu'il a eues, son homologue italien et lui ont discuté de la possibilité que le Canada rejoigne l'Italie dans le nord kurde de l'Irak. Plus de 100 membres des forces policières italiennes, les Carabinieri, y entraînent la police locale dans des régions reprises à l'ÉI.

Cette possibilité pourrait être bienvenue, a souligné M. Dion, mais elle devra faire l'objet de discussions entre l'Italie, les États-Unis, le Canada et d'autres pays.

Le ministre de la Défense, Harjit Sajjan, est en charge du dossier de refonte de la mission militaire à la suite du retrait des avions de chasse canadiens CF-18, qui se réalisera à quelque moment cet hiver. Le nouveau gouvernement du Canada a récemment annoncé qu'il retirerait ses avions des opérations de frappes aériennes en Syrie et en Irak à la faveur d'un renforcement de la formation des agents de police et des militaires luttant au sol contre le groupe djihadiste.

Le premier ministre du Canada, Justin Trudeau, a promis une mission bonifiée d'entraînement des forces locales en Irak, qui s'ajouterait aux 69 instructeurs des forces spéciales déjà déployés dans le nord du pays pour travailler avec les peshmerga kurdes. Le gouvernement n'a pas encore donné les détails de cette nouvelle mission.

Kerry passe son message

En entrevue, M. Dion a laissé entendre que la sécurité ne passait pas que par les activités militaires.

«On ne peut assurer la sécurité qu'avec l'armée. On a la sécurité lorsque les gens ont confiance en leurs institutions et qu'ils croient en elles», a-t-il dit.

La pression ne s'exerce pas que sur le Canada. Mercredi, le secrétaire d'État américain, John Kerry, a très fermement établi le désir des États-Unis de voir tous les pays membres de l'OTAN s'impliquer davantage dans la lutte à l'ÉI.

Dans un discours livré sur un ton ferme devant les délégués, M. Kerry a affirmé que la coalition internationale devait frapper au coeur de l'État islamique en Syrie et en Irak et empêcher que le groupe ne tisse des réseaux ailleurs dans le monde.

«J'ai demandé à chacun des alliés de l'OTAN d'intensifier ses efforts contre Daesh», a-t-il déclaré, utilisant l'acronyme arabe de l'ÉI.

«J'ai été ravi d'apprendre qu'un certain nombre d'alliés consacrent déjà des ressources supplémentaires à cette bataille, ou prévoient augmenter leur contribution.»

M. Kerry a félicité le premier ministre britannique, David Cameron, dont le parlement votera bientôt sur l'expansion des frappes aériennes en Syrie, et l'Allemagne, qui prévoit déployer des navires et des avions de surveillance pour soutenir les opérations contre l'ÉI.

Bien que le secrétaire d'État Kerry n'ait pas fait mention du retrait des avions canadiens, il a mentionné que les pays disposés à contribuer davantage n'avaient pas nécessairement à le faire dans les offensives militaires. Il a rappelé la demande des États-Unis pour des ressources de formation, de transport et d'aide médicale, en outre.

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