Trudeau souhaite un Parlement moins partisan

Justin Trudeau... (Stéphane de Sakutin, AFP)

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Justin Trudeau

Stéphane de Sakutin, AFP

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Joan Bryden
La Presse Canadienne
OTTAWA

L'ère Justin Trudeau débutera officiellement vendredi, à l'occasion du traditionnel discours du Trône.

Mais c'est probablement tout ce qu'il y aura de traditionnel pour la suite de ce nouveau gouvernement libéral, qui souhaite transformer le fonctionnement du Parlement pour donner plus de pouvoir aux simples députés, calmer la partisanerie, rendre le gouvernement plus imputable et plus conciliant pour les familles, et créer un Sénat plus indépendant.

Une fois prononcé le discours du Trône, qui devrait simplement brièvement rappeler les priorités du Parti libéral, la Chambre des communes siégera durant une semaine seulement, avant d'entamer la relâche des Fêtes. Ces quelques jours devraient suffire à adopter une motion qui officialisera deux des principales promesses libérales: une baisse d'impôts pour les travailleurs de la classe moyenne et une hausse pour les plus riches.

Les réformes démocratiques promises par M. Trudeau prendront plus de temps à mettre en oeuvre, mais le leader du gouvernement, Dominic LeBlanc, a l'intention de s'atteler immédiatement à ce projet pour que les changements entrent en vigueur peu après la rentrée parlementaire à la fin janvier.

M. LeBlanc s'appliquera à reconstituer le Comité de la procédure et des affaires de la Chambre, et lui demandera de formuler «rapidement» des recommandations sur la manière idéale de réaliser une promesse de Justin Trudeau: réserver une période de questions par semaine pour que les députés cuisinent le premier ministre, tel que cela se fait au Royaume-Uni.

Puisque le but est de rendre le premier ministre plus imputable, M. LeBlanc ne veut pas imposer ce changement aux partis d'opposition.

«Je veux vraiment être dirigé par ce qu'ils croient qui fonctionnera, et nous n'avons pas d'idée fixe autre que l'exemple britannique», a-t-il dit en entrevue, ajoutant être ouvert à adapter le modèle au gouvernement canadien.

Le seul autre comité qui sera chargé d'un dossier immédiatement, avant la pause des Fêtes, sera celui des finances, afin qu'il puisse commencer les consultations pré-budgétaires.

Conformément à l'engagement de Justin Trudeau, les membres de chaque comité éliront leurs présidents et vice-présidents, plutôt qu'ils soient nommés par le premier ministre. Dominic LeBlanc veut aussi augmenter le budget et le personnel accordé aux comités, leur permettant ainsi de mieux analyser les projets de loi.

Le leader du gouvernement a déjà eu quelques discussions avec les chefs d'opposition au sujet des réformes anticipées, et se dit encouragé par leur réaction jusqu'à maintenant.

«Tout le monde semble vouloir commencer ce nouveau Parlement sur un ton plus collégial, respectueux et constructif que, peut-être, celui sur lequel le dernier gouvernement s'est terminé», a-t-il rapporté.

Le dossier du Sénat pourrait toutefois être une source de conflit. Les conservateurs y détiennent une majorité de sièges et n'est pas enclin à laisser les propositions libérales passer sans opposition. M. Trudeau pourrait éviter cela en remplissant les 22 places vacantes au Sénat, mais ne le fera pas jusqu'à ce qu'il ait mis sur pied l'organe qu'il a promis pour recommander des nominations non partisanes.

Cette réforme, un dossier qui revient à la ministre des Institutions démocratiques, prendra un certain temps à mettre en branle. Entre-temps, M. LeBlanc devra figurer comment faire approuver les projets de loi au Sénat, et particulièrement comment y déposer des projets de loi alors qu'il n'y a plus de leader du gouvernement au Sénat.

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