Réfugiés syriens: la sécurité prise au sérieux

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Jane Philpott, qui préside le comité spécial sur l'accueil des réfugiés syriens, espère que le gouvernement fédéral sera en mesure de dévoiler les modalités de l'accueil des réfugiés d'ici la fin de la semaine.

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Fannie Olivier
La Presse Canadienne

La ministre de la Santé, Jane Philpott, assure qu'Ottawa traite la question de la sécurité avec «le plus grand sérieux» dans l'élaboration de son plan pour la venue de 25 000 réfugiés syriens, à la suite des attentats terroristes de Paris.

Pendant ce temps, certains appellent Ottawa à ralentir la cadence de cet accueil - le premier ministre saskatchewanais, Brad Wall, en tête.

Mme Philpott, qui préside le comité spécial sur l'accueil des réfugiés syriens, espère que le gouvernement fédéral sera en mesure de dévoiler les modalités de l'accueil des réfugiés d'ici la fin de la semaine.

Une fois élaboré, le plan devra recevoir l'aval du conseil des ministres de Justin Trudeau.

En point de presse lundi, Mme Philpott a laissé entendre que les attentats de Paris ne changeaient pas la donne quant à la venue des réfugiés.

«Alors que Paris est une situation tragique, nous avons toujours su que des risques étaient impliqués là-dedans», a-t-elle noté à Ottawa. Elle a assuré que ces risques allaient être examinés de façon «responsable».

«Nous prenons les préoccupations quant à la sécurité avec le plus grand sérieux», a signalé la ministre. Elle a répété que tous les réfugiés sélectionnés par le Canada allaient subir un contrôle de sécurité, et que cela serait fait méthodiquement.

«C'est possible. Nous avons une équipe incroyable travaillant à la sécurité publique et nous allons nous assurer que c'est fait d'une façon responsable», a-t-elle insisté.

La ministre a indiqué que le gouvernement mettait dans la balance la situation humanitaire très urgente en Syrie et le fait qu'il ne veut pas mettre la santé et la sécurité des Canadiens en danger.

Le chef libéral Justin Trudeau a promis en campagne électorale d'accueillir 25 000 réfugiés syriens avant le 31 décembre. À un mois et demi de cette date butoir, les modalités pour l'accueil de tous ces migrants restent inconnues. «Beaucoup de travail est abattu en coulisses», a toutefois indiqué Mme Philpott.

Les troupes libérales devaient dévoiler leur plan d'accueil à la sortie de la rencontre du cabinet jeudi dernier, mais le ministre de l'Immigration, des Réfugiés et de la Citoyenneté, John McCallum, a dû admettre que cela prendrait encore quelques jours.

M. McCallum a déjà indiqué que 10 000 réfugiés syriens ont été «enregistrés» par Ottawa, alors que depuis janvier dernier, environ 6000 ont été admis grâce à des parrainages privés.

Mais la perspective d'une arrivée en masse de réfugiés syriens en sol canadien ne plaît pas à tous.

Le premier ministre de la Saskatchewan, Brad Wall, a écrit lundi une lettre à M. Trudeau pour lui demander de suspendre leur venue, arguant que les attaques de Paris constituent un rappel «de la mort et de la destruction qu'un petit nombre d'individus malveillants peuvent infliger à un pays pacifique et ses citoyens».

Selon M. Wall, Ottawa ne devrait pas élaborer sa politique d'accueil en se basant sur une date, le 31 décembre, ou un nombre, 25 000 réfugiés, d'une façon qui altérerait la sécurité du pays.

Le premier ministre du Québec, Philippe Couillard, n'est pas de cet avis. «Il ne faudrait pas non plus que les préoccupations sécuritaires deviennent un alibi ou une justification pour dire non aux réfugiés sans avoir l'air de dire non», a-t-il soutenu à Sherbrooke, ajoutant que la «position d'accueil» du Québec restait intacte.

Le ministre de la Santé de l'Ontario, Eric Hoskins, a assuré lui aussi que les attaques de Paris ne changeaient en rien la promesse de la province d'accueillir une part «significative» des 25 000 réfugiés.

La première ministre de la Colombie-Britannique, Christy Clark, a de son côté insisté sur le fait que la priorité du fédéral devait être de s'assurer de la sécurité des Canadiens avant tout.

Une pétition contre l'accueil de 25 000 Syriens circule sur Internet depuis samedi et comptait, en fin d'après-midi lundi, plus de 61 000 signatures.

En réponse à cette réclamation, une autre pétition a été lancée pour dire «oui» aux réfugiés. Plus de 32 000 personnes l'ont signée.

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