Argenteuil-La Petite Nation: l'économie comme pièce maîtresse

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Gracieuseté du redécoupage électoral, la lutte s'annonce particulièrement intéressante dans la nouvelle circonscription fédérale d'Argenteuil-La Petite-Nation, qui ne compte aucun député sortant, en plus de regrouper une quarantaine de municipalités réparties dans quatre MRC et deux secteurs de la Ville de Gatineau.

Chantal Crête (Nouveau Parti démocratique du Canada), Stéphane Lauzon (Parti libéral du Canada), Jonathan Beauchamp (Bloc québécois) et Maxime Hupé-Labelle (Parti conservateur du Canada), auront fort à faire pour convaincre une majorité d'électeurs que leur formation représente la meilleure option pour Argenteuil-La Petite-Nation.

D'abord, c'est parce que la carte électorale redessinée fait en sorte que Mirabel possède aujourd'hui sa propre circonscription. Les résidents des secteurs gatinois de Buckingham et de Masson-Angers, qui étaient autrefois appelés à voter dans Pontiac, figurent maintenant dans le portrait d'Argenteuil-La Petite-Nation.

Cette réalité sème des doutes chez les acteurs politiques, économiques et communautaires des localités situées dans la frange laurentienne de la circonscription. La crainte de voir les dossiers de l'Outaouais bénéficier d'une longueur d'avance une fois l'élection terminée fait surface.

«Pour moi, Gatineau n'a vraiment pas les mêmes enjeux que nous. On verra, mais j'ai certaines craintes. On se sent loin un peu. Il me semble que Gatineau est plus proche du pouvoir», lance à cet égard la présidente de la Chambre de commerce et d'industries d'Argenteuil, Marguerite Varin.

L'économie à l'avant-plan

Ensuite, si les portes-étendards des différentes formations devront ces prochaines semaines prouver aux électeurs leurs intentions de défendre l'intérêt de chacun des secteurs de cette vaste circonscription, ils devront aussi démontrer la capacité de leur parti à relancer l'économie régionale.

Orica Canada, qui oeuvre dans la fabrication d'explosifs commerciaux et de systèmes de dynamitage pour le secteur minier, a mis à pied 90 travailleurs au printemps dernier à son usine de Brownsburg. À cela s'ajoutent les coupes des dernières années dans de la fonction publique fédérale, lesquelles ont affecté plusieurs résidents de Buckingham et Masson-Angers. Tout récemment, les usines Avant-Guard de Thurso et Ripon ont déclaré faillite, touchant une centaine de travailleurs.

«C'est dû au manque de vision du gouvernement conservateur, qui a mis tous ses oeufs dans le même panier - le pétrole -, et qui a négligé de faire des investissements dans nos industries manufacturières», accuse à ce sujet la candidate néo-démocrate, Chantal Crête, qui estime que son parti est le mieux placé pour redonner de la vigueur économique à la région.

Le bloquiste Jonathan Beauchamp mise de son côté sur la sécurité financière des agriculteurs et sur le fait que les électeurs veulent «revenir au bercail» avec son parti. «Le gouvernement veut mettre fin à la gestion de l'offre, un système de gestion qui permet d'empêcher la fluctuation des prix dans le domaine agricole. Comme il y a beaucoup de producteurs laitiers dans la circonscription, autant en Outaouais que dans les Laurentides, ça met en péril plusieurs emplois», soutient celui qui milite également contre le projet de l'oléduc Énergie-Est, qui traverserait une section de Lachute.

Dans le camp du conservateur Maxime Hupé-Labelle, on défend le bilan du gouvernement. Il reconnaît que la situation économique n'est pas rose actuellement, mais il reproche aux libéraux et néo-démocrates de composer avec des plateformes «trop interventionnistes». Il rappelle que le Canada se tire très bien d'affaire si on compare avec les autres pays du G7. «La solution est de garder un gouvernement qui est axé sur une économie forte et solide comme c'est le cas avec les conservateurs. Autrement, on risque le chaos», dit-il.

Quant au candidat libéral, le conseiller municipal gatinois Stéphane Lauzon, il entend convaincre l'électorat en se présentant comme le représentant du parti qui est le mieux placé pour créer de la richesse. «Il faut accompagner les usines, il faut inviter des entreprises, il faut développer les parcs industriels et il faut être invitant. Nous sommes riches en lacs, en superficie et en bois, je pense que nous avons tous les atouts en place pour être innovateurs.»

En 2011, la néo-démocrate Mylène Freeman avait profité de la vague orange pour détrôner le bloquiste Mario Laframboise, qui occupait le siège de député depuis 2000 dans l'ancienne circonscription d'Argenteuil-Papineau-Mirabel. Mathieu Ravignat, lui aussi du NPD, avait pour sa part chassé du pouvoir le ministre conservateur de l'époque, Lawrence Cannon, dans Pontiac.

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