Des luttes serrées se dessinent en Outaouais

Lors des élections fédérales de 2011, l'Outaouais n'a pas été épargnée par la... (Simon Séguin-Bertrand, Archives LeDroit)

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Simon Séguin-Bertrand, Archives LeDroit

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Lors des élections fédérales de 2011, l'Outaouais n'a pas été épargnée par la vague orange qui a traversé le Québec, alors que les quatre circonscriptions de la région, longtemps reconnues comme des forteresses libérales, ont accordé leur confiance à l'équipe du Nouveau Parti démocratique (NPD). Quatre ans plus tard, les nombreuses pertes d'emplois dans la fonction publique fédérale et la campagne anti-Harper menée par les milieux syndicaux depuis plusieurs mois pourraient être favorables au parti de Thomas Mulcair dans les circonscriptions plus urbaines, mais la bataille est loin d'être gagnée dans les secteurs ruraux.

L'équipe du NPD change peu en Outaouais pour la présente campagne. Tous les députés sortants sont de retour sous la bannière orangée à l'exception de Mylène Freeman, qui à la suite du redécoupage de la carte électorale, se présente de nouveau sous la bannière néo-démocrate, mais dans la circonscription de Mirabel. Chantal Crête, conseillère municipale à Lac-Simon, portera les couleurs du NPD dans le nouveau comté d'Argenteuil-La Petite-Nation, autrefois connu sous le nom d'Argenteuil-Papineau-Mirabel.

NPD FAVORISÉ

Pour le politicologue et professeur au département des sciences sociales de l'Université du Québec en Outaouais (UQO), Thomas Collombat, cette continuité ne peut qu'aider le NPD à conserver ses sièges, notamment dans les circonscriptions de Gatineau et de Hull-Aylmer, où la campagne menée par les syndicats est plutôt favorable aux néo-démocrates.

« Au niveau fédéral, l'Outaouais se découpe en deux parties, deux circonscriptions urbaines et deux rurales. Gatineau et Hull-Aylmer sont constituées de nombreux électeurs qui travaillent à la fonction publique et qui ont été touchés de près ou de loin par les coupures. De plus, le message de l'Alliance de la fonction publique du Canada à ses membres est clair : il ne faut pas voter pour les conservateurs. Si on ajoute à cela le fait que Mme Turmel a déjà été la présidente de l'Alliance et que Mme Boivin est très présente dans son comté, il y a peu de chance que le NPD perde ces deux circonscriptions », estime-t-il.

Même si le candidat libéral Steve MacKinnon, de nouveau sur les rangs, dit vouloir restaurer la confiance qu'ont les fonctionnaires envers le gouvernement, il serait étonnant que le Parti libéral du Canada (PLC) réussisse à gagner ce siège perdu par les libéraux en 2006, estime Thomas Collombat.

« Historiquement, les électeurs de l'Outaouais votaient pour le Parti libéral parce qu'il s'agissait du premier parti fédéraliste. Or, ce n'est plus le cas ni dans les sondages ni à la Chambre des communes. C'est désormais le NPD qui joue ce rôle. De plus, le Parti libéral n'est plus au pouvoir depuis bientôt dix ans alors qu'il représentait autrefois l'âme du Parlement », mentionne-t-il.

EN MILIEU RURAL

La partie est toutefois loin d'être gagnée dans les deux circonscriptions plus rurales de l'Outaouais, Pontiac et Argenteuil-La Petite-Nation, selon le politicologue. Bien que le redécoupage de la carte électorale semble de prime abord favoriser le NPD, en raison de l'ajout de secteurs plus urbains dans les deux comtés, la campagne nationale du parti et l'implantation locale des candidats pourraient influencer le vote.

« Dans Pontiac, la partie risque de se jouer entre le Parti conservateur et le NPD. Bien que M. Ravignat ait une belle feuille de route et qu'il soit un ancien syndicaliste, les citoyens de sa circonscription ont été moins touchés par les coupures dans la fonction publique et ils pourraient donc se laisser attirer par le discours conservateur », croit M. Collombat.

Dans Argenteuil-La Petite-Nation, le principal défi de la néo-démocrate Chantal Crête sera de se faire connaître des électeurs. À l'instar de ses adversaires, elle aura plusieurs semaines devant elle pour le faire en raison d'une longue campagne électorale qui pourrait nuire au Parti conservateur, surtout dans la région de l'Outaouais, selon Thomas Collombat.

« Au niveau national, les gens vont peut-être oublier le bilan du gouvernement Harper en ce qui à trait à la fonction publique, mais il serait étonnant que ce soit le cas au niveau régional. On a tendance à avoir la mémoire beaucoup moins courte quand il s'agit de nos emplois », souligne-t-il.

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