La fin du courrier à domicile coûtera cher, dit le STTP

La conversion du service de livraison à domicile vers les boîtes communautaires... (Archives, LeDroit)

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Paul Gaboury
Le Droit

La conversion du service de livraison à domicile vers les boîtes communautaires par Postes Canada va engendrer des coûts importants pour les municipalités et avoir un impact sur les risques de blessures, particulièrement chez les personnes âgées.

C'est ce que soutient une étude rendue publique vendredi par le Syndicat des travailleurs des postes (STTP), lors de la 23e conférence sur l'économie de la poste et de la livraison, qui a lieu à Athènes, en Grèce. « C'est une étude importante car elle nous permet de faire une mise à jour et de dévoiler sur la scène internationale les impacts néfastes de ce plan. Plusieurs pays européens, de même que les Américains, participent à cette conférence, et pourraient être tentés d'imiter Postes Canada. C'est important pour nous de leur expliquer l'expérience canadienne », a commenté Denis Lemelin, porte-parole du STTP.

Deux analystes du STTP y font état de la mise en oeuvre du plan de Postes Canada et de tous les coûts que la décision d'abolir le service de livraison à domicile aura sur les plans financier, social et politique. « Presque tout ce qui a été dit à propos de ce plan, autant les prévisions financières pour le justifier, que les impacts sur la population, sont une distorsion de la réalité ou complètement faux » écrivent Geoff Bickerton et Katherine Steinhoff, du STTP.

Ils rappellent qu'en se basant sur les prévisions du Conference Board, Postes Canada avait anticipé des pertes d'exploitation de 256 millions $ en 2014. La Société a plutôt enregistré des profits de 299 millions $ avant que son plan de mettre fin au service à domicile ne soit mis en oeuvre. « Il n'y a aucune raison financière qui justifie les coûts importants liés à la conversion du service à domicile pour les boîtes communautaires », soulignent les auteurs.

À Montréal, la Commission sur le développement social et la diversité a déposé un rapport recommandant que la ville fasse tout en son pouvoir pour s'opposer à ce plan. « Montréal conteste le plan et agit maintenant comme intervenant aux côtés du STTP qui conteste la constitutionnalité du projet devant la Cour fédérale », a rappelé de son côté M. Lemelin lors d'une entretien.

Le cas d'Hamilton

Le rapport mentionne que la ville de Hamilton, qui conteste également le plan devant les tribunaux, a évalué à 522 $ le coût lié à chacune de ces boîtes, qui l'obligeront à ajouter des trottoirs supplémentaires, des affiches de stationnement, des lumières de rue, de l'entretien.

C'est sans compter aussi les poursuites possibles des citoyens en cas de blessures et dommages à la propriété. La facture s'élèverait à plus de 1,8 million $ pour cette seule ville. Déjà, plus de 600 municipalités ont indiqué s'opposer au plan,

Chez les personnes âgées, les risques de chutes risquent de se multiplier parce que les citoyens n'auront plus le choix de se déplacer l'hiver pour aller chercher leur courrier.

En 2011, on comptait 5 millions de personnes âgées au pays, et ce nombre devrait doubler d'ici 25 ans, ce qui aura un impact direct sur les coûts des soins de santé, avancent les auteurs.

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