Attentat du 22 octobre: la GRC aurait pu intercepter Zehaf-Bibeau

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La Police provinciale de l'Ontario (OPP) fait, dans ce document en partie caviardé, un récit des événements qui ont secoué la capitale et qui exonère les forces de sécurité.

Etienne Ranger, Archives LeDroit

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Mélanie Marquis
La Presse Canadienne

La Gendarmerie royale du Canada (GRC) assure que des erreurs «systémiques» et non «humaines» ont permis à Michael Zehaf-Bibeau de déjouer la sécurité même si certains de ses agents auraient pu intercepter le tireur avant qu'il ne fasse irruption dans le parlement, le 22 octobre dernier.

La première occasion manquée est survenue à quelques mètres à peine de l'endroit où le tireur avait garé la voiture qu'il allait abandonner ensuite pour réquisitionner le véhicule de fonction d'un ministre sous la menace d'une arme.

«Notre policier qui était dans le premier véhicule était en train de lire un rapport», a expliqué le commissaire adjoint Gilles Michaud, mercredi, disant juger «tout à fait normal dans ce cas-ci» que l'agent chargé d'assurer la sécurité ait été accaparé par la lecture d'un rapport à ce moment.

«Ce n'est pas quelqu'un qui est habituellement affecté sur la colline», a plaidé M. Michaud.

Ce véhicule obstruait la vue d'un autre policier, qui n'a pas aperçu Zehaf-Bibeau - et à ce moment, les deux agents ignoraient que le caporal Nathan Cirillo venait d'être abattu au Monument commémoratif de guerre du Canada et qu'un homme armé se dirigeait vers la colline du Parlement, a poursuivi le commissaire adjoint.

L'alerte a été lancée par une agente qui se trouvait à quelques mètres, à un jet de pierre de l'édifice du Centre que Zehaf-Bibeau allait prendre d'assaut.

Mais encore là, il y a eu des ratés, a reconnu la GRC.

«Malheureusement, le message qu'elle a transmis sur la radio pour dire qu'il (le tireur) était dans le véhicule noir (du ministre) était embrouillé», a expliqué M. Michaud.

«Alors l'agent qui se trouvait en haut de l'allée n'avait aucune idée que le véhicule qui se dirigeait vers lui était celui dans lequel se trouvait Zehaf-Bibeau», a-t-il laissé tomber.

Ces éléments d'information ont été compilés par la Police provinciale de l'Ontario (OPP), qui avait été chargée de mener une enquête indépendante sur les événements du 22 octobre dernier.

Le rapport, en partie caviardé, se penche également sur ce qui s'est passé à l'intérieur du parlement.

Il conclut que Michael Zehaf-Bibeau a été atteint de 31 des 56 projectiles qui ont fusé de toutes parts dans l'édifice du Centre.

Tout s'est joué en moins de deux minutes à partir du moment où le tireur a franchi les portes situées sous la Tour de la paix. Selon les informations fournies lors de la séance d'information technique, il a été atteint par un tir sept secondes après son entrée dans l'édifice.

Il a ensuite été atteint par plusieurs balles en parcourant le hall d'honneur, et il était significativement blessé lorsqu'il est arrivé au bout du corridor, a-t-on précisé.

D'après l'autopsie pratiquée sur sa dépouille, huit balles étaient logées dans le corps et deux de ces blessures auraient causé sa mort.

Le rapport de l'OPP raconte aussi comment le tireur a froidement exécuté le caporal Nathan Cirillo au Monument commémoratif de guerre en lui tirant trois balles dans le dos avant de quitter en criant quelque chose qui ressemblait au mot «Irak».

On relate également qu'une fois arrivé au parlement, Zehaf-Bibeau a épargné, pour une raison inconnue, un agent de sécurité qui se trouvait à l'entrée. Il a pointé son arme directement sur la poitrine de l'agent, l'a regardé droit dans les yeux et s'est dirigé vers le hall d'honneur.

Il a poursuivi son chemin sur plusieurs mètres et a finalement été neutralisé. Le rôle joué par l'ancien sergent d'armes Kevin Vickers, largement salué pour son héroïsme, demeure nébuleux dans le document.

Aucun représentant de l'OPP ne s'est présenté à la rencontre technique à laquelle avait été conviée la presse parlementaire, mercredi.

La Gendarmerie royale du Canada (GRC) a déposé, lors de la même occasion, un examen récapitulatif de l'incident et des recommandations.

La police fédérale y note dès le départ que les compressions budgétaires qui lui ont été imposées en 2012 ont eu des conséquences négatives sur le dispositif de sécurité sur la colline du Parlement.

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