Syndicats et environnementalistes se disent ciblés

Le projet de loi C-51 pourrait bien avoir une autre cible que les terroristes,... (Martin Roy, LeDroit)

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Martin Roy, LeDroit

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Le projet de loi C-51 pourrait bien avoir une autre cible que les terroristes, affirment les critiques rassemblés, samedi, devant l'édifice Langevin.

Le vice-président exécutif régional de l'Alliance de la fonction publique du Canada, Larry Rousseau, ne mâche pas ses mots pour décrire le projet de loi. «[Ils veulent] s'assurer que les environnementalistes et les autochtones ne vont pas freiner le développement des ressources naturelles qui met de l'argent dans les poches des multinationales, des sociétés pétrolières, etc. C'est ça le but», affirme le syndicaliste.

M. Rousseau estime que la définition de terrorisme et de sécurité nationale dans C-51 est floue. Il craint que la sécurité économique du pays soit également protégée de façon à empêcher la protestation contre des projets controversés, par exemple, au point de vue environnemental.

«On a 300 000 wagons de chemins de fer qui traversent le pays avec du brut de l'Alberta. [...] Si les environnementalistes vont dire, écoutez, ici, le passage du chemin de fer est évidemment désuet, il faut qu'il soit réparé et on ne veut plus que les trains passent là, à ce moment-là, ils seront étiquetés comme des terroristes.»

La militante des droits de la personne Monia Mazigh exprime également son inquiétude de voir ce projet de loi restreindre les libertés personnelles d'opposants du gouvernement.

La députée néo-démocrate d'Hull-Aylmer, Nycole Turmel, donne également écho à ces appréhensions. Elle soutient que les nouvelles mesures comprises dans C-51 pourraient limiter le droit de se regrouper pour manifester.

Ça ne fait aucun doute pour Larry Rousseau, C-51 donne des outils aux gouvernements pour chasser les sonneurs d'alarme en leur sein. Il prétend que les fonctionnaires auront plus peur que jamais de dénoncer des actions répréhensibles au sein de leur ministère. «Personne ne voudra s'opposer, prendre la chance de savoir si ça va invoquer une sanction ou une action de la justice. Tant qu'à faire, on ne fera rien.» M. Rousseau décrit C-51 comme étant du «stalinisme». Il soutient que le fait de réfléchir à une action, si cette réflexion laisse des traces, pourrait être réprimandé.

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