Combien compte-t-on de Franco-Ontariens?

Qui croire? Statistique Canada ou le gouvernement ontarien?... (Archives, LeDroit)

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Qui croire? Statistique Canada ou le gouvernement ontarien? L'agence fédérale évalue à quelque 542 000 personnes la taille de la population francophone de l'Ontario. Queen's Park soutient plutôt que la province est peuplée de 611 500 Franco-Ontariens. Un écart de près de 70 000 personnes.

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Qui croire? Statistique Canada ou le gouvernement ontarien? L'agence fédérale évalue à quelque 542 000 personnes la taille de la population francophone de l'Ontario. Queen's Park soutient plutôt que la province est peuplée de 611 500 Franco-Ontariens. Un écart de près de 70 000 personnes.

Le hic, c'est que certains de ces «francophones» ne parlent plus un mot de français.

Nouveau recensement, nouvelle envolée statistique. Comment évaluer - ou plutôt, estimer - de façon fidèle le nombre de francophones que compte l'Ontario, dans un monde où les barrières linguistiques tendent à disparaître, où l'assimilation est plus présente que jamais et alors que la croissance démographique de l'Ontario est avant tout attribuable à l'immigration?

La question se pose avec la diffusion récente d'un nouveau profil de la communauté franco-ontarienne par l'Office des Affaires francophones, le «mini-ministère» provincial chargé de veiller à ce que les citoyens aient accès aux services en français auquel ils ont droit.

Selon le profil de l'Office, la province compterait maintenant quelque 611500 Franco-Ontariens. Un bond de près de 29000 personnes depuis cinq ans. En 2006, 582695 francophones vivaient en Ontario. La population franco-ontarienne aurait donc augmenté de 4,9% depuis 2006.

Pourtant, Statistique Canada évalue à 542000 le nombre d'Ontariens «ayant le français comme première langue officielle parlée», ce qui représente une hausse de 5000 personnes depuis 2006. Pendant la même période, le nombre d'Ontariens «ayant le français comme langue maternelle» est passé 532 865 à 561 155.

Le DIF en cause?

Cet écart s'explique par la mise sur pied, en 2009, de la «Définition inclusive de la francophonie» (DIF) par Queen's Park. Cette nouvelle définition englobe ceux dont la langue maternelle n'est ni le français ni l'anglais, mais qui ont une bonne connaissance du français et qui l'utilisent à la maison.

À l'époque, la ministre déléguée aux Affaires francophones, Madeleine Meilleur, avait expliqué que ces modifications étaient devenues nécessaires afin de tenir compte du nombre croissant de Franco-Ontariens issus de l'immigration.

Mais cette définition inclut également un nombre non négligeable de «francophones» ayant perdu l'usage de cette langue, désormais incapables de s'exprimer en français. Ils seraient près de 35000 en Ontario, selon Jean-Pierre Corbeil, directeur adjoint de la Section des statistiques linguistiques à Statistique Canada.

«La DIF inclut des gens qui ne parlent plus le français, mais exclut des gens, des anglophones notamment, qui parlent souvent le français, souligne M. Corbeil. Ainsi, la DIF exclut les personnes ayant une langue maternelle autre que le français, parlant fréquemment le français, tout en parlant surtout l'anglais à la maison.»

Par exemple, un Ontarien ayant l'arabe comme langue maternelle, travaillant comme enseignant dans une école franco-ontarienne, mais utilisant surtout l'anglais à domicile ne serait pas comptabilisé par le DIF, même s'il enseigne dans cette langue tous les jours.

Et ce n'est pas tout: la modification du formulaire du recensement à partir de 2011 complique également les choses, Statistique Canada ayant constaté des changements dans la façon dont les Canadiens ont répondu aux questions sur la langue maternelle et la langue parlée à la maison.

En entrevue avec LeDroit, la ministre Meilleur s'est montrée étonnée des faits soulevés par Statistique Canada. «Si c'est effectivement vrai, ce devra être corrigé, car cela diffère de notre intention», a-t-elle indiqué.

«Cette DIF est fort utile et les gens nous la demandaient depuis longtemps, poursuit-elle. Elle est importante parce que quand on développe des programmes et des services pour les francophones, c'est important de savoir où ils vivent, si la population grandit et si oui, où. On tente de répondre aux demandes des Africains, des Roumains, des Vietnamiens et leur offrir les services en français. Avant, ils n'étaient pas comptabilisés.»

«Ce n'est pas pour augmenter (le nombre de francophones), donner des statistiques fausses, c'est pour répondre à cette préoccupation.»

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