Un cadre «colérique et insultant» est sévèrement blâmé

Un ancien cadre de l'Agence de la santé publique du Canada, qui occupe toujours... (123RF)

Agrandir

123RF

Partage

Partager par courriel
Taille de police
Imprimer la page
Paul Gaboury
Le Droit

Un ancien cadre de l'Agence de la santé publique du Canada, qui occupe toujours un poste de direction au sein d'un ministère fédéral, est sévèrement blâmé par le commissaire à l'intégrité du secteur public pour avoir fait régulièrement des manifestations de colère et d'agressivité envers les membres du personnel, en plus de leur proférer des insultes.

Après trois ans d'enquête, le commissaire Joe Friday conclut dans un rapport rendu public jeudi que le comportement de ce cadre constituait « une contravention grave du code de conduite de l'Agence, ainsi qu'un cas grave de mauvaise gestion dans le secteur public ». 

Le cadre se livrait fréquemment à des diatribes et à des accès de rage, criait, hurlait, utilisait des jurons et un langage corporel menaçant, en plus de frapper avec ses poings sur les tables devant les employés. S'il lui arrivait de présenter ses excuses, il recommençait peu de temps après, ce que certains témoins ont comparé « à de la violence conjugale », révèle ce rapport d'enquête.

Le commissaire Friday n'a pas dévoilé l'identité du gestionnaire en question, soulignant qu'il ne voulait pas faire porter l'attention sur un seul cas, mais sur un problème plus répandu au sein de la fonction publique fédérale. 

« Je veux plutôt envoyer un message à toute la fonction publique que ce type de comportement ne doit pas être toléré, car j'ai l'impression que c'est un problème systémique, un problème de culture qu'il faut changer », a expliqué M. Friday lors d'une conférence de presse téléphonique. 

Le commissaire n'était pas en mesure de divulguer quelles mesures disciplinaires étaient recommandées contre le cadre ni quand elles seront prises.

« Puisque l'auteur des actes répréhensibles a changé de ministère, j'ai informé son nouvel employeur de mes conclusions et je l'ai avisé que des mesures disciplinaires et correctives allaient être prises, a déclaré le commissaire. Le nouvel employeur du cadre m'a avisé qu'il surveille de manière proactive l'environnement de travail et il a convenu que les mesures disciplinaires et correctives sont justifiées. »

Dénonciation des employés

L'enquête a débuté en mai 2014 après une dénonciation faite par plusieurs employés. Plus d'une quarantaine de témoins ont été entendus, ce qui explique qu'il a fallu presque trois ans avant d'avoir les conclusions de l'enquête

Avant l'enquête, les mesures correctives prises par la haute direction pour régler les plaintes des employés consistaient à discuter du problème avec le cadre et à lui faire suivre un cours sur l'intelligence émotionnelle. 

Malgré les excuses publiques faites par le cadre au personnel, ce dernier a continué à avoir un comportement inapproprié et l'Agence n'a pas fait le suivi nécessaire pour vérifier s'assurer que la situation était réglée. 

« Depuis avril 2015, l'organisation a adopté des mesures concrètes pour favoriser une culture de respect et d'inclusion », a indiqué le commissaire Friday, confirmant du même souffle qu'il déposera la semaine prochaine un autre rapport d'enquête sur un cas du même type.




publicité

publicité

Les plus populaires

Tous les plus populaires
sur lapresse.ca
»

publicité

Autres contenus populaires

publicité

image title
Fermer