«C'était mon devoir de sonner l'alarme»

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Judy Foote a déjà indiqué jeudi qu'il n'était pas dans ses intentions de privatiser le Bureau de la traduction.

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Paul Gaboury
Le Droit

La présidente du syndicat des traducteurs fédéraux, Emmanuelle Tremblay, est ravie du plan annoncé par la ministre canadien des Serices publics et de l'Approvisionnement, Judy Foote, qui rejette l'idée de privatiser le Bureau de la traduction. Mais celle qui a dénoncé, il y a près d'un an, le découragement des traducteurs restera vigilante pour s'assurer que les engagements du gouvernement se concrétisent.

« En gros, la ministre répond à nos attentes. Le diable sera dans les détails. Il faudra voir comment on va procéder pour mettre en place les mesures, notamment au niveau de l'embauche et du fonctionnement », a réagi la présidente de l'Association canadienne des employés professionnels (ACEP), syndicat représentant près de 800 traducteurs du Bureau de la traduction, qui compte 1197 employés à temps complet.

Au début de l'année 2016, Emmanuelle Tremblay a sonné l'alarme dans les pages du Droit sur la situation au Bureau de la traduction. Elle estime avoir bien fait de dénoncer une situation qui était devenue intenable pour les employés, comme l'avaient démontré deux sondages menés en 2014 et en 2016. À la suite du tollé soulevé, le comité des langues officielles a lancé une étude sur le Bureau de la traduction.

Découragement

« Il y a un an, on sentait tellement de découragement parmi nos membres que c'était mon devoir de tirer la sonnette d'alarme, dit-elle. L'outil de traduction Portage a été l'élément déclencheur pour soulever le dossier sur la place publique. Et les autres problèmes ont fait surface par la suite. Je suis très contente de l'avoir fait. »

La semaine dernière, la dirigeante de l'ACEP a rencontré la ministre Foote pour discuter du Bureau de la traduction. Elle soutient que la ministre Foote a été extrêmement surprise d'apprendre l'ampleur des problèmes, ce qui avait aussi été le cas dans le dossier Phénix. 

Un choc

« C'était notre première rencontre avec la ministre, et l'entretien a été extrêmement fructueux, a raconté Mme Tremblay. Elle a admis que ses collègues l'avaient chicanée pour la réponse qu'elle avait donnée au comité des langues officielles en octobre. C'est comme si la haute gestion avait tenté de dorer la pilule, en lui disant que tout allait. Mais ça lui a explosé en plein visage. Elle a clairement eu un choc en apprenant l'état de la situation. Je lui ai dit que cela ressemblait beaucoup au dossier du système de paye Phénix, où la haute gestion lui avait dit que tout allait bien. »

La ministre Foote a déjà indiqué jeudi qu'il n'était pas dans ses intentions de privatiser le Bureau de la traduction. Mais il est encore trop tôt pour savoir ce qu'il adviendra des 170 autres postes devant être abolis par attrition en 2017-2018. 

« Si c'est aussi ambitieux qu'ils le disent, ils n'auront pas le choix d'embaucher de façon significative des traducteurs. Bien sûr, il y aura toujours de la sous-traitance, mais on espère que l'arrivée d'un nouveau dirigeant et un directeur de la qualité fera une différence. Le processus est enclenché et le panel choisi nous donne quand même une impression positive. C'est encourageant », a souligné la présidente de l'ACEP.

L'arrivée de 50 étudiants stagiaires par an, au cours des cinq prochaines années, aidera très certainement. « Mais il faudra aussi s'assurer que le plus grand nombre soit embauché à des postes permanents après leur stage », estime Mme Tremblay.




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