Phénix: l'IPFPC réclame un système de paye parallèle

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Debi Daviau, la présidente de l'IPFPC, a interpellé le premier ministre et le président du Conseil du Trésor pour qu'ils acceptent de venir en aide aux fonctionnaires lésés par le système Phénix.

Patrick Woodbury, Archives Le Droit

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Paul Gaboury
Le Droit

Un important syndicat de fonctionnaires fédéraux a fait appel, jeudi, au premier ministre Justin Trudeau et au président du Conseil du Trésor, Scott Brison, pour qu'ils acceptent de mettre en place temporairement un autre système de paye pour régler les problèmes plus graves de paye créés par Phénix, de façon à permettre aux employés fédéraux de faire face à leurs obligations financières.

Presque un an après le début de la mise en oeuvre du système en février 2016, la présidente de l'Institut professionnel de la fonction publique du Canada (IPFPC), Debi Daviau, s'est présentée sur la colline parlementaire, jeudi, en se disant «très choquée» parce que le gouvernement refuse toujours de mettre en place un système qui permettrait de verser des avances aux employés confrontés à des problèmes financiers. 

De telles avances sont versées aux employés qui ne reçoivent pas de chèque, mais pas à ceux qui reçoivent une paye qui ne correspond pas au salaire qui leur est dû. 

«En décembre, j'ai fait la demande pour mettre en place un tel système parallèle qui permettrait à des personnes autorisées dans chaque ministère d'émettre de telles avances. Je n'ai pas vraiment eu de réponse et on m'a laissé entendre que ce serait un fardeau pour le gouvernement. Et mercredi, j'étais très choquée et frustrée que la sous-ministre Marie Lemay ne mentionne rien à ce sujet lors de sa mise à jour. Les appels à la patience du gouvernement sont maintenant déraisonnables», estime la présidente de l'IPFPC, syndicat de 55 000 scientifiques et professionnels du secteur public.

Plusieurs employés, dont la paye est amputée de montants importants, ne reçoivent pas d'avance parce que la politique du Conseil du Trésor ne l'autorise pas. Il suffirait de changer la politique actuelle pour le permettre, soutient Mme Daviau.

«Je demande au premier ministre Trudeau et à Scott Brison, président du Conseil du Trésor qui est l'employeur, d'intervenir. Ce n'est pas très compliqué, car le système est déjà en place. C'est quelque chose qui peut se faire en une seule journée. Il suffirait simplement d'élargir les critères, pour inclure les cas des personnes qui font face à des difficultés pour payer leur hypothèque, leurs frais de garderie, et autres obligations financières et familiales, et de permettre aux gestionnaires autorisés de signer les chèques», a indiqué Mme Daviau.

Réaction de la ministre

La ministre des Services publics et de l'Approvisionnement, Judy Foote, a brièvement réagi à cette sortie par courriel. «Depuis juillet, nous avons réitéré auprès des ministères et des employés qu'aucun employé ne devrait être privé de paye. Nous avons également veillé à ce que les administrateurs généraux soient conscients de leur capacité d'émettre des avances de salaire d'urgence aux employés dans le besoin dans les 24 à 48 heures. Par exemple, à Services publics et Approvisionnement Canada, on a versé 2612 avances de salaire d'urgence à 904 employés». 

L'IPFPC ne faisait pas partie du groupe de 13 syndicats fédéraux qui ont entamé un recours devant la Cour fédérale, groupe qui incluait l'Alliance de la fonction publique du Canada.

Trudeau admet que le gouvernement a négligé les signaux d'alerte

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Le premier ministre, Justin Trudeau

Archives, La Presse canadienne

Justin Trudeau a admis, jeudi, que le gouvernement fédéral n'avait pas su tenir compte des signes avant-coureurs qui prédisaient déjà des complications dans le nouveau système de paie des fonctionnaires, avant même qu'il ne soit mis en place il y a près d'un an.

Lors d'une séance de discussion ouverte avec les citoyens au premier jour de sa tournée nationale, jeudi, à Kingston, en Ontario, le premier ministre a concédé à un fonctionnaire mécontent que son gouvernement «n'avait pas été suffisamment attentif aux défis et aux signes avant-coureurs à l'étape de la transition» vers le nouveau système de traitement de la paie Phénix. M. Trudeau a assuré le fonctionnaire que le gouvernement «travaille extrêmement fort pour remédier à cette situation».

Ottawa tente toujours de régler un arriéré d'environ 8000 dossiers d'employés fédéraux qui ont reçu des chèques de paie erronés - «c'est 8000 de trop», a admis M. Trudeau, jeudi. 

Avec La Presse canadienne

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