Pas de privatisation pour la traduction

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La ministre des Services publics et de l'Approvisionnement, Judy Foote

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Paul Gaboury
Le Droit

À la suite des inquiétudes soulevées la semaine dernière par le comité sénatorial des langues officielles, la ministre de Services publics et Approvisionnements Canada (SPAC), Jody Foote, a confirmé au Droit qu'elle n'avait aucunement l'intention de privatiser les services offerts par le Bureau de la traduction (BT).

La ministre a également décidé de prolonger jusqu'en mars, l'appel d'offres à commandes pour les services d'interprétation du gouvernement fédéral. Le nouveau processus, qui avait déjà été reporté à quelques reprises en 2016, devait être lancé le 23 janvier. 

Juste avant Noël, la sénatrice Claudette Tardif, présidente du comité sénatorial des langues officielles, avait demandé un tel report à la suite des craintes soulevées par cet appel d'offres à commandes, elle avait demandé à la ministre d'en reporter la date de mise en oeuvre et lui avait lancé une invitation à comparaître le 6 février.

« SPAC prolongera la date de clôture de l'offre à commande pour des services d'interprètes jusqu'à mars 2017 pour s'assurer que toutes les préoccupations soulevées par les intervenants sont traitées », a indiqué dans un courriel Annie Trépanier, attachée de presse de la ministre Jody Foote. 

Au cours de l'année 2016, l'Association internationale des interprètes de conférences (AIIC) Canada, qui compte 200 membres au pays, avait dénoncé cet appel d'offres à commandes, et le ministère avait accepté déjà à quelques reprises de reporter la mise en oeuvre.

Selon l'association, un nouveau régime serait basé sur « le plus bas soumissionnaire », tel que le propose le gouvernement, n'est pas souhaitable et approprié pour les services d'interprétation, qui ne peuvent être comparés à l'achat de biens ou produits comme des crayons et meubles. 

Les interprètes ont rappelé à plusieurs reprises qu'il s'agit de services très spécialisés, et le processus doit aussi tenir compte d'autres critères que le prix le plus bas. Les interprètes estiment que la qualité des services en souffrira et aura des répercussions sur le respect de la Loi sur les langues officielles. 

Dans leur lettre transmise à la ministre Foote, les sénatrices Claudette Tardif et Rose-May Poirier avaient aussi soulevé des inquiétudes quant aux intentions du ministère de vouloir privatiser le Bureau de la traduction, ce qui pourrait menacer la capacité du gouvernement à respecter ses obligations à l'égard de la Loi sur les langues officielles. 

Dans un rapport déposé en juin dernier, le comité des langues officielles des Communes avait aussi soulevé des inquiétudes sur l'avenir du BT.

À ce sujet, la ministre Foote a été catégorique, affirmant qu'elle n'a pas l'intention de privatiser le Bureau de la traduction, qui fait déjà appel au secteur privé pour une partie des services de traduction et d'interprétation.

« Nous n'avons pas l'intention de privatiser le Bureau de la traduction », a indiqué la porte-parole de la ministre Foote.

Par ailleurs, les députés et sénateurs siégeant respectivement aux comités des langues officielles de la Chambre des communes et du Sénat devront encore attendre pour savoir quand ils pourront entendre la ministre Foote venir discuter avec eux de l'avenir du Bureau de la traduction. Les dates de ses prochaines comparutions restent toujours à confirmer auprès des deux comités.

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