La «guerre de prix» sème l'inquiétude pour l'avenir

Alors qu'Ottawa refuse des changements au Bureau de la traduction (BT) et... (123RF)

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Paul Gaboury
Le Droit

Alors qu'Ottawa refuse des changements au Bureau de la traduction (BT) et propose d'y accroître le recours à la sous-traitance, une « guerre de prix » pour les services linguistiques menacerait la survie de fournisseurs dans la région d'Ottawa-Gatineau.

« Les gens vont croire tout va bien dans l'industrie de la traduction parce que le gouvernement veut accroître la sous-traitance, ais c'est loin d'être la réalité », raconte un fournisseur en services de traduction, sous le couvert de l'anonymat. 

L'homme d'affaires se dit très inquiet pour l'avenir de son entreprise établie dans la région d'Ottawa-Gatineau depuis plusieurs années.   

« Un récent contrat en traduction au Bureau de la traduction a été donné à 17 cents le mot. C'est bien en deçà du prix réel pour rester en affaires, si on veut offrir un salaire décent aux traducteurs, aux réviseurs, en plus de payer le loyer, le téléphone et les autres frais. Et c'est encore plus frustrant quand des ministères refusent maintenant de nous donner des contrats et se tournent vers le BT, qui offre ses services aux ministères à plus que le double de ce prix, à 40 cents et même 50 cents le mot. » 

Des documents obtenus par LeDroit confirment qu'un contrat en services de traduction par le Bureau de traduction a été octroyé en juin dernier à une firme de traduction de Gatineau pour 1,5 million de mots par an, à 231 000 $, avec possibilité de deux années additionnelles au même tarif. Plus de 43 répondants ont participé à cet appel d'offres. 

« À 17 cents le mot, cela veut dire que la prochaine fois, tout le monde va essayer de baisser encore son prix. Mais c'est impossible de continuer à rester en affaires avec de tels tarifs, à moins d'être prêt de la banqueroute et de faire de la scrap sans égard à la qualité des traductions », a raconté ce fournisseur, qui dit vivre des moments très difficiles.

« Je reçois plein de CV de traducteurs, mais les affaires ont chuté avec la baisse des prix. Je ne peux les garder. C'est difficile pour eux aussi. » 

191 700 $ pour étudier l'industrie 

En juillet dernier, le ministère des Services publics et de l'Approvisionnement a octroyé un contrat de 191 700 $ à R. A. Malatest & Associates pour réaliser un profil de l'industrie langagière canadienne pour le Bureau de la traduction et mettre à jour les données qui remontent à une dizaine d'années. 

Le ministère souligne que le profil permettra notamment d'étudier la capacité de production et l'offre de services, les combinaisons linguistiques, l'adhésion à des normes de qualité, et l'utilisation d'outils technolangagiers. « Pour pouvoir orienter l'externalisation de services aux fournisseurs de services linguistiques, le BT doit pouvoir connaître leur capacité de production et leur offre de services », explique le ministère.

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