Bureau de la traduction: les changements réclamés sont écartés

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Patrick Woodbury, Archives LeDroit

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Paul Gaboury
Le Droit

Le gouvernement Trudeau rejette l'idée de modifier le statut d'organisme de « service spécial » du Bureau de la traduction (BT) qui l'oblige à gérer telle une entreprise privée, et refuse de transférer sa responsabilité à Patrimoine canadien.

Après des mois d'une controverse d'abord soulevée par l'outil de traduction automatique et des changements réclamés par de nombreux intervenants sur le statut et la gouvernance, la réponse du gouvernement n'annonce finalement rien de significatif pour le BT.   « En tant qu'organisme de service spécial, le Bureau de la traduction est bien placé au sein de Services publics et Approvisionnement Canada. Il dispose de la marge de manoeuvre nécessaire pour s'adapter aux fluctuations de la demande, investir dans de nouvelles technologies, améliorer constamment son modèle d'affaires et, au bout du compte, remplir le mandat qui lui a été confié par le gouvernement du Canada », indique le ministère des Services publics et de l'Approvisionnement.

Quant à donner les ressources nécessaires au Bureau de la traduction pour gérer la traduction dans tous les ministères fédéraux en limitant la privatisation à outrance des services, le gouvernement l'écarte aussi en expliquant que le Bureau de la traduction collabore avec le secteur privé afin de disposer d'une capacité appropriée et partagée, pour répondre aux besoins actuels et futurs du gouvernement fédéral. Si le gouvernement appuie la recommandation visant à mettre en oeuvre un plan pour bien former la relève, il rappelle que le BT a affecté les ressources financières pour préparer la relève en offrent des emplois d'été à une cinquantaine d'étudiants, dont 19 étudient en traduction.

Au sujet de l'outil de compréhension linguistique, le gouvernement salue les efforts du BT pour élargir l'accès à ces outils à l'ensemble de la fonction publique, et souligne que son efficacité, y compris la satisfaction des utilisateurs, sera également examinée par une tierce partie à la fin de l'exercice 2016-2017.

Réactions de déception 

Les premières réactions à la réponse du gouvernement ont toutes été empreintes de déception en fin de journée, lundi.

« J'estime que de continuer à soumettre le BT au régime de recouvrement des coûts est une erreur, dans la mesure où l'on traite les frais liés à un acte de communication culturelle, la traduction, comme s'ils pouvaient se comparer à ceux inhérents à l'achat d'articles de bureau ou d'ordinateurs, pour lesquels vaut le principe du plus bas soumissionnaire », a réagi Charles Le Blanc, professeur en traduction et interprétation à l'Université d'Ottawa, un des intervenants qui avaient réclamé des changements majeurs au BT au printemps. 

L'Association internationale des interprètes de conférence (AIIC Canada) a elle aussi réagi en qualifiant « de très décevante » la réponse du gouvernement. 

« Nous avons un rapport qui entérine le statu quo, un rapport qui ignore les sérieux problèmes qui existent au Bureau de la traduction et qui minent les ambitions en matière de langues officielles telles que formulées par le Comité des langues officielles de la Chambre », a déclaré Linda Ballantyne, porte-parole de l'AIIC Canada.

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