L'AIIC s'inquiète du système automatisé de traduction

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Depuis février 2014, le ministère des Services publics et Approvisionnement Canada a entrepris de revoir le processus d'octroi des contrats du Bureau de la traduction.

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Paul Gaboury
Le Droit

Le nouveau système d'approvisionnement automatisé pour les services d'interprétation du gouvernement fédéral inquiète l'association qui représente les 200 interprètes de conférence professionnels du pays. L'AIIC-Canada y voit une volonté de réduire les coûts au détriment de la qualité et une menace au droit constitutionnel des Canadiens de s'exprimer et de se faire servir dans les deux langues officielles.

Depuis février 2014, le ministère des Services publics et Approvisionnement Canada, également responsable du système de paye Phénix et de l'outil de compréhension Portage, a entrepris de revoir le processus d'octroi des contrats du Bureau de la traduction (BT).

« Ce système ne peut que nuire aux Canadiens qui veulent suivre les délibérations du gouvernement fédéral dans la langue de leur choix, a indiqué Nicole Gagnon, porte-parole de la région Canada au sein de l'Association internationale des interprètes de conférence. Le plus bas soumissionnaire, c'est bien pour les fournitures de bureau ou la location de véhicules, ou pour des trombones. Mais les langues officielles au Canada sont beaucoup trop importantes pour que l'on permette à un système d'approvisionnement fondé sur ce principe d'avoir raison de la qualité des services et du rôle de premier plan du Bureau de la traduction à veiller à ce que le public canadien puisse exercer son droit constitutionnel de s'exprimer et de se faire servir dans la langue de son choix. »

Le Bureau de traduction a un effectif de 58 interprètes permanents, mais a recours aux services de 200 interprètes professionnels privés pour diverses conférences et répondre aux besoins des ministères et autres institutions fédérales. 

La mise en oeuvre du nouveau système d'approvisionnement automatisé a dû être reportée à de nombreuses reprises en raison de nombreux problèmes de conception et d'exécution, rappelle l'association. L'échéancier de l'appel d'offres pour les services d'interprétation sur le marché privé, prévu le 7 septembre, a encore été repoussé au 29 septembre, pour donner plus de temps aux interprètes d'y participer.

L'AIIC demande de repousser cette date une fois de plus, afin que le gouvernement ait l'occasion de répondre aux recommandations formulées le 15 juin par le comité parlementaire des langues officielles, qui préconise un changement de fond quant à l'administration du Bureau de la traduction. 

« Le gouvernement a 120 jours, soit jusqu'à la mi-octobre pour répondre au rapport qui recommande une refonte complète du BT. Nous croyons que le ministère devrait donc attendre la réponse avant d'imposer un nouveau processus d'approvisionnement basé sur le principe du plus bas soumissionnaire », estime Mme Gagnon.

« Le BT est un organisme de services dont l'orientation, actuellement purement mercantile, doit être repensée. Et l'outil automatisé risque d'exacerber la situation », a-t-elle indiqué.

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