Des ennuis avec la paie d'au moins 80 000 fonctionnaires

Le vice-président exécutif régional de l'AFPC, Larry Rousseau,... (Martin Roy, Archives LeDroit)

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Le vice-président exécutif régional de l'AFPC, Larry Rousseau, se dit sceptique quant à la capacité de Travaux publics et Services gouvernementaux Canada de rembourser rapidement les employés.

Martin Roy, Archives LeDroit

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Les témoignages se multipliaient et les différents syndicats de la fonction publique sonnaient l'alarme depuis plusieurs semaines. Lundi, Travaux publics et Services gouvernementaux Canada a confirmé l'ampleur des problèmes liés à l'implantation du système de paie Phénix.

Au total, ce sont plus de 80 000 fonctionnaires qui ont été touchés d'une manière ou d'une autre, a confirmé la sous-ministre Marie Lemay.

«Je suis profondément inquiète de cette situation», affirmait Mme Lemay d'entrée de jeu lors d'une conférence de presse visant à faire le point sur les ratés de Phénix. «Cette situation est inacceptable et nous allons travailler sans relâche pour résoudre cette situation.»

La majorité des cas, selon Marie Lemay, sont des problèmes d'ajustements liés à une récente augmentation de salaire - une promotion, un remplacement ou des heures supplémentaires. 

Il y aurait également des problèmes liés à la rémunération d'employés qui profitent d'un congé sans solde, d'un congé de maternité ou d'un départ prolongé pour invalidité. Ces cas devraient être réglés au cours des prochaines semaines, selon la sous-ministre.

La priorité de Travaux publics et Services gouvernementaux Canada sera toutefois d'assurer la rémunération des travailleurs qui n'ont tout simplement pas reçu de paie. Ils seraient 720 dans cette situation et plus de 480 d'entre eux seront payés lors de la prochaine journée de paye, soit le 27 juillet prochain.

«Tous ceux qui ne reçoivent pas de paye devraient communiquer avec nous le plus rapidement possible», souligne Marie Lemay, en précisant que la meilleure façon de le faire est en remplissant le formulaire de rétroaction en ligne sur le site web du ministère.

Le vice-président exécutif régional de l'Alliance de la fonction publique du Canada, Larry Rousseau, se dit satisfait de voir le gouvernement admettre l'ampleur des problèmes liés à l'implantation de Phénix. 

M. Rousseau est toutefois sceptique quant à la capacité de Travaux publics et Services gouvernementaux Canada de rembourser rapidement tous les employés qui n'ont pas été payés à la hauteur de leur travail, malgré l'annonce de l'embauche d'employés supplémentaires à Miramichi et Gatineau pour résoudre la crise.

«D'après moi, ce sera un travail de longue haleine», dit-il.

Larry Rousseau s'est également réjoui que la sous-ministre Marie Lemay évoque la possibilité que le gouvernement dédommage les employés affectés par cette situation. Il souligne cependant que cela va coûter cher aux contribuables.

«On voit ce qui arrive, on a voulu transférer le système d'une organisation privée à un environnement d'administration publique. Ce n'est pas juste comme installer un logiciel sur son ordinateur.»

Durant son point de presse, Marie Lemay a d'ailleurs reconnu qu'il y avait eu un manque de planification lors du transfert vers le système de paie Phénix.

- Avec La Presse Canadienne

Le précédent gouvernement à blâmer?

Le vice-président exécutif régional de l'Alliance de la fonction publique du Canada, Larry Rousseau, attend impatiemment la suite des choses dans le dossier du système de paie Phénix. Il espère notamment que toute la lumière soit faite sur ce fiasco par le Bureau du vérificateur général du Canada.

Rappelons que la ministre des Services publics et de l'Approvisionnement, Judy Foote, a indiqué avoir demandé au vérificateur général d'enquêter.

M. Rousseau a déjà sa petite idée de ce qui pourrait se retrouver dans un éventuel rapport.

«Il va falloir remonter jusqu'au début pour savoir qui a pris les décisions, quelles ont été les décisions qui ont été prises. J'ai l'impression que sous le gouvernement précédent, et c'est là que je rejoins le gouvernement actuel [...], aurait pris un peu plus à la légère les problèmes que nous avons actuellement. Je n'ai jamais eu le sentiment, avec le gouvernement précédent, qu'ils étaient prêts à respecter les conventions collectives, ni à prendre au sérieux les congés qu'on peut avoir, les codes qu'on peut avoir.»

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