La sous-traitance coûte très cher au fédéral

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«Des années de compressions ont poussé les gestionnaires à embaucher beaucoup de sous-traitants pour pourvoir des postes et de contourner des gels d'embauche, poussant les dépenses cumulatives de services sous-traités à plus de 10 milliards $», rappelle l'IPFPC.

Etienne Ranger, Archives LeDroit

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Paul Gaboury
Le Droit

La dépendance excessive du fédéral à la sous-traitance lui coûte cher sur le plan des finances, de l'emploi, du moral des employés, de la responsabilisation et de la productivité, conclut un rapport préparé par un important syndicat de fonctionnaires professionnels fédéraux.

Dans le rapport Programmé pour l'échec, l'Institut professionnel de la fonction publique du Canada (IPFPC) soutient que si l'élection du gouvernement Trudeau en octobre dernier faisait espérer «de vrais changements», moins d'un an plus tard, sa promesse de rétablir les services publics «est menacée par des décennies de dépendance excessive dans la sous-traitance de services en informatique, en médecine humaine et vétérinaire, en génie et autres métiers professionnels».

Vendredi midi, environ 200 membres de l'Institut professionnel ont manifesté au coin des rues Bank et Laurier en prévision de la reprise des négociations prévue lundi et mardi pour plusieurs de ses groupes. La question de la sous-traitance reste un enjeu majeur, avec les salaires, les congés de maladie et l'intégrité scientifique.

Au sujet du gouvernement libéral, l'IPFPC estime qu'«il mérite d'être félicité pour avoir promis de réduire éventuellement son recours à des experts-conseils externes au niveau de 2005-2006, mais au rythme du budget adopté, il lui faudra 10 ans pour y arriver».  L'Institut professionnel préconise que des mesures soient prises pour enrayer plus rapidement les problèmes soulevés par la dépendance à la sous-traitance. 

Dix milliards de dollars en sous-traitance

Le syndicat indique avoir basé les conclusions de son étude principalement sur deux sondages menés auprès de ses membres en 2015, dont un auprès des informaticiens et un autre auquel ont répondu 10 000 de ses membres travaillant dans plus de 60 ministères fédéraux, de même sur de récentes conclusions de la Commission de la fonction publique, du Secrétariat du Conseil du Trésor et du vérificateur général.

«Des années de compressions ont poussé les gestionnaires à embaucher beaucoup de sous-traitants pour pourvoir des postes et de contourner des gels d'embauche, poussant les dépenses cumulatives de services sous-traités à plus de 10 milliards $», rappelle l'Institut professionnel. À cause de ces dépenses «inconsidérées» en sous-traitance, «l'expertise est perdue, ou pire jamais vraiment acquise» alors qu'«aucun ministère ni aucune profession n'échappent à cette tendance et à ses conséquences».

Plus de 89% des répondants ont dit que les postes donnés en sous-traitance n'ont jamais été affichés à l'interne, alors que chez les informaticiens, la proportion monte à 91%. Huit membres de l'IPFPC sur 10 ont dit qu'aucune formation n'a été offerte aux employés avant que les postes vacants soient donnés à des sous-traitants.

«Il n'est guère étonnant que le ministère fédéral comptant le plus de travailleurs en TI (Services partagés) soit aussi celui où le moral est le plus bas, et aussi le pire endroit pour travailler au gouvernement fédéral selon un sondage du Conseil du Trésor», souligne le rapport.

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