Outil de traduction automatique: «un précédent inquiétant»

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Selon le professeur Michel Doucet, un outil de traduction automatique ne pourra être garant de la qualité du texte traduit «puisqu'il devra obéir servilement au texte original».

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Paul Gaboury
Le Droit

L'implantation de l'outil de traduction automatique Portage à l'échelle de la fonction publique créerait un «précédent inquiétant», selon le professeur Michel Doucet, qui dirige l'Observatoire international des droits linguistiques à la Faculté de droit de l'Université de Moncton.

«Quelles que soient les raisons qui motivent cette décision ou l'usage que l'on propose d'en faire, il s'agit, selon moi, d'un précédent inquiétant qui pourrait avoir des répercussions sur les obligations légales et constitutionnelles qu'ont les institutions fédérales en matière de langues officielles», a indiqué le professeur Doucet, devant le comité parlementaire des langues officielles qui mène une étude sur le Bureau de la traduction. 

L'égalité des deux langues officielles signifie que les deux communautés doivent avoir accès dans leur langue à des textes qui ont la même autorité et en lesquels ils peuvent avoir confiance, a-t-il souligné. Or, un outil de traduction automatique ne pourra être garant de la qualité du texte traduit «puisqu'il devra obéir servilement au texte original». 

Les pressions de temps et d'argent invoquées à l'appui de l'utilisation de ces logiciels ne sont que le symptôme d'un mal plus grand, selon M. Doucet, soit qu'il n'y a pas suffisamment d'importance accordée à la qualité des documents traduits au Canada et à la qualité des services qui doivent être offerts dans les deux langues officielles

À l'instar de Linda Cardinal de l'Université d'Ottawa, le professeur Doucet a recommandé au comité la mise en place d'un groupe de travail qui devrait se pencher «de manière globale» sur la traduction et l'utilisation des technologies langagières dans la promotion de l'égalité linguistique par les institutions fédérales.

Réactions

Par ailleurs, les données sur les coûts de traduction payés à des firmes privées, obtenues par le député néo-démocrate François Choquette, ont suscité plusieurs réactions. L'Association canadienne des employés professionnels (ACEP) n'est pas surprise que certains ministères paient parfois plus cher pour des services de traduction au privé que s'ils avaient eu recours au Bureau de la traduction. «Nous contestons le dogme que tout est moins cher et mieux fait lorsque fait par le privé», a réagi Emmanuelle Tremblay, la présidente de l'ACEP, syndicat des traducteurs au Bureau de la traduction.

Au Secrétariat du Conseil du Trésor, le porte-parole du ministre Scott Brison, Jean-Luc Ferland, a mis en doute les conclusions du député Choquette. À ses yeux, les chiffres révélés dans les documents fournis par les ministères ne permettaient pas de faire ce type de comparaison.

«Les chiffres indiqués révèlent la valeur maximale des contrats, ce qui diffère de la valeur dépensée par les ministères, dit-il. Donc, la déduction par mot n'est pas une équation faisable. Le montant dépensé n'est pas indiqué et il faudrait que le député pose une autre question pour obtenir cette information.»

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