Le fédéral met un frein à la traduction automatique

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L'implantation de l'outil de traduction automatique, prévue le 1er avril, est reportée dans l'ensemble de la fonction publique fédérale.

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Paul Gaboury
Le Droit

Le gouvernement fédéral reporte «au moment le plus opportun» l'implantation de l'outil de traduction automatique qu'il voulait implanter dès le 1er avril à l'ensemble de la fonction publique fédérale.

La ministre des Services publics et Approvisionnement Canada, Judy Foote, a confirmé au Droit que son implantation est remise à plus tard. 

«Le Bureau de la traduction s'est engagé à fournir des outils pour aider les fonctionnaires à mieux communiquer dans les deux langues officielles. En tant que ministre, je crois en l'importance du bilinguisme et je suis fière du travail fondamental effectué par les hommes et les femmes du Bureau de la traduction. Nous sommes déterminés à moderniser notre façon de fonctionner grâce à l'innovation et à l'adoption de technologies, en gardant à l'esprit que l'outil continuera d'évoluer et de faire l'objet d'améliorations. Une diffusion à l'échelle du gouvernement aura lieu au moment le plus opportun», a indiqué la ministre dans un courriel transmis au Droit.

Des réactions

Le député néo-démocrate François Choquette a accueilli ce report comme une bonne nouvelle, mais soulevait tout de même des inquiétudes.

Mardi, il avait transmis une lettre pour demander à la ministre Foote de reporter l'implantation du logiciel. «La raison de reporter me semble esthétique. Ma préoccupation principale reste la même, soit que cet outil pourrait nuire au respect de la Loi sur les langues officielles», a expliqué le député Choquette. 

«Il faut aussi que le comité des langues officielles fasse son étude et dépose son rapport sur cet outil. De plus, j'ai demandé aujourd'hui au commissaire aux langues officielles Graham Fraser s'il réalisera une étude sur les risques et les impacts», a indiqué le député Choquette.

«Le sens commun a triomphé», s'est réjoui le... (Etienne Ranger, Archives LeDroit) - image 2.0

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«Le sens commun a triomphé», s'est réjoui le professeur Charles Le Blanc, de l'école de traduction et d'interprétation de l'Université d'Ottawa.

Etienne Ranger, Archives LeDroit

«Le sens commun a triomphé dans cette affaire-là. Un outil, c'est fait pour aider. Et il était clair qu'il n'était pas au point. Mais il ne faudra pas perdre de vue que le recouvrement de coûts n'est pas une façon de faire au Bureau de la traduction et que les traducteurs doivent être pris en compte dans les orientations qui sont prises», a réagi le professeur Charles Le Blanc, de l'École de traduction et d'interprétation de l'Université d'Ottawa.

Le député libéral de Hull-Aylmer, Greg Fergus, voit d'un bon oeil la décision de reporter l'implantation de cet outil de traduction. «Je persiste à dire que c'est un outil intéressant pour lire des messages reçus, mais pas une bonne chose pour traduire des messages qui sont envoyés», a-t-il indiqué. 

Au cours des derniers jours, l'Association des traducteurs interprètes de l'Ontario et la Corporation des traducteurs, traductrices, terminologues et interprètes du Nouveau-Brunswick ont aussi pris position contre l'implantation de l'outil de traduction.

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