Bureau de la traduction: un professeur se dit «victime d'intimidation»

La professeur Charles Le Blanc se dit victime... (Etienne Ranger, Archives LeDroit)

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La professeur Charles Le Blanc se dit victime d'«intimidation» en raison de son opinion sur le nouve outil de traduction automatique du Bureau de la traduction.

Etienne Ranger, Archives LeDroit

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Paul Gaboury
Le Droit

Le professeur Charles Le Blanc, de l'Université d'Ottawa, a bien l'intention de continuer à faire connaître son opinion sur la situation au Bureau de la traduction du gouvernement fédéral, malgré ce qu'il perçoit être une «tentative d'intimidation» à son endroit.

Dans une lettre publiée récemment dans LeDroit, le professeur Le Blanc exigeait la démission de la présidente directrice générale du Bureau de la traduction, Donna Achimov, à la suite de sa comparution devant le comité des langues officielles, où elle a été questionnée sur l'implantation du nouvel outil de traduction automatique, au sein de la fonction publique.

Mme Achimov a réagi en envoyant un courriel à la directrice de l'École de traduction et d'interprétation de l'Université d'Ottawa, Luise von Flotow, afin de clarifier «certaines erreurs factuelles», sans donner plus de détails. «Le Bureau de la traduction entretient une relation productive et positive avec l'Université d'Ottawa. Le courriel de Mme Achimov a été envoyé afin de clarifier certaines erreurs factuelles contenues dans la lettre de M. Le Blanc», a expliqué Michèle LaRose, porte-parole du ministère des Services publics et de l'Approvisionnement, responsable du Bureau de la traduction.

La directrice de l'École de traduction de l'Université d'Ottawa a répondu, en anglais, en indiquant à Mme Achimov que l'opinion d'un professeur ne représentait pas nécessairement celle de ses collègues ni celle de la direction. Elle lui a transmis ses excuses pour «toute erreur de fait», sans autre explication. Mme von Flotow a ajouté qu'elle sera ravie de discuter avec ses collègues de la venue prochaine de Mme Achimov à l'université. L'échange de courriels a aussi été acheminé à François Guimont, en copie conforme, à titre de sous-ministre champion de l'Université d'Ottawa.

«Je n'ai enfreint aucune loi»

En entrevue avec LeDroit lundi, le professeur Le Blanc affirme qu'il a perçu cette lettre comme «une tentative d'intimidation» qui aura finalement réussi, puisque la directrice de l'École de traduction donne raison à Mme Achimov, sans autre explication.  

«J'aurais bien aimé qu'on me dise de quelles erreurs de fait il était question dans la lettre. La directrice de l'École lui donne raison sans autre explication. Je n'en reviens pas», a indiqué le professeur Le Blanc.

Il se disait également outré que l'échange ait été transmis en copie conforme à M. Guimont, qui est aussi sous-ministre de la Sécurité publique, dont le porte-feuille inclut la GRC et le Service canadien du renseignement en sécurité.

«Je ne parlais pas des isotopes à Chalk River dans ma lettre. Je n'ai enfreint aucune loi. J'y présentais seulement mon opinion sur un dossier que je connais bien, celui de la traduction. Et pour moi, le champion à l'Université d'Ottawa, c'est le corps professoral.»

En congé sabbatique, le professeur Le Blanc prépare un livre sur la traduction pendant la Renaissance, mais il tenait, dit-il, à s'impliquer publiquement en raison des enjeux liés à l'implantation de l'outil de traduction automatique et les traducteurs du Bureau de la traduction.

«J'ai formé plus de 600 traducteurs au cours des dernières années, et j'ai le droit de m'exprimer sur un dossier que je connais bien. Il fallait bien que quelqu'un aille au bâton parce que les traducteurs ont peur de parler, parce qu'ils sont fonctionnaires. Je m'inquiète pour ces personnes à qui j'ai enseigné. Comme professeur, j'ai le droit de m'exprimer et je vais continuer à le faire», a indiqué M. Le Blanc, qui disait avoir l'appui de son syndicat.

Au moment d'écrire ces lignes, la direction de l'École de traduction et d'interprétation de l'Université d'Ottawa n'avait pas donné suite à notre demande de réaction.

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