Traduction automatique au fédéral: une spécialiste s'inquiète

La professeure Linda Cardinal est spécialiste des langues... (Martin Roy, Archives LeDroit)

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La professeure Linda Cardinal est spécialiste des langues minoritaires au sein du département des études politiques de l'Université d'Ottawa.

Martin Roy, Archives LeDroit

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Paul Gaboury
Le Droit

Si Google Traduction n'est pas une alternative viable à la traduction par des humains, en quoi l'outil développé par le Bureau de la traduction sera différent? se questionne la professeure Linda Cardinal, spécialiste des langues minoritaires au sein du département des études politiques de l'Université d'Ottawa.

«Ce type de traduction, à mon sens, ne traduit pas l'esprit de la Loi sur les langues officielles, qui est de favoriser l'égalité du français et de l'anglais au Canada, souligne la professeure Cardinal. Cette égalité sera-t-elle bien servie par le moyen d'une technologie peu concluante en ce moment? Je ne crois pas qu'il faille rejeter toute technologie en vue de favoriser l'égalité du français et de l'anglais au Canada. Toutefois, la présente technologie vise à remplacer des humains. Elle ne me paraît pas au service du rapprochement des deux grandes communautés linguistiques.»

La professeure Cardinal rappelle que le commissaire aux langues officielles, Graham Fraser, a conclu récemment dans un rapport sur les réductions budgétaires de 2012 que le français a été négligé.

«C'est donc difficile maintenant de leur donner le bénéfice du doute. On ne peut penser que c'est un geste anodin. Est-ce qu'un tel outil ne va pas renforcer les inégalités du français par rapport à l'anglais au sein de la fonction publique? Est-ce un héritage du gouvernement Harper? Comment un tel outil respecte-t-il l'engagement du gouvernement de s'assurer de la parfaite conformité des institutions fédérales à la Loi sur les langues officielles?»

Pour sa part, la professeure Marie-Andrée Hamel, de l'Institut des langues officielles et du bilinguisme de l'Université d'Ottawa, croit que l'outil contribuera à intéresser les fonctionnaires à l'autre langue officielle. «Ce sera une occasion pour les fonctionnaires de s'intéresser davantage à la traduction de leurs textes en langue seconde et leur fournira des occasions d'apprendre», a-t-elle commenté.

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