Une innovation pour encourager les langues officielles

La décision d'installer un nouvel outil de traduction sur les ordinateurs de... (Patrick Woodbury, Archives LeDroit)

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Patrick Woodbury, Archives LeDroit

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Paul Gaboury
Le Droit

La décision d'installer un nouvel outil de traduction sur les ordinateurs de tous les employés fédéraux, dès le 1er avril, s'inscrit dans la foulée des innovations technologiques du Bureau de la traduction visant à encourager le plus grand nombre de fonctionnaires à communiquer par écrit dans l'autre langue officielle au travail.

«Nous voulons changer la culture et les habitudes en offrant cet outil de traduction aux employés pour les aider et pour leur faire mieux comprendre que les deux langues officielles sont une richesse», a expliqué en entrevue au Droit la directrice du Bureau de la traduction, Donna Achimov, également présidente du Réseau des champions des langues officielles et présidente de l'Association professionnelle des cadres supérieurs (APEX).

L'outil utilise la terminologie des ministères fédéraux, ce qui le distingue des autres outils commerciaux comme Google Traduction ou Bing, et offre la meilleure traduction possible en fonction des règles de grammaire et de la fréquence d'utilisation des expressions.

Cette innovation technologique, a expliqué Mme Achimov, a fait l'objet de discussions au sein du Réseau des champions des langues officielles, et fait partie des solutions proposées dans le cadre de l'Objectif 2020 pour encourager l'utilisation des deux langues officielles dans le milieu de travail.

Le Bureau surveille de près le rendement de l'outil et demande à ses traducteurs professionnels d'évaluer la qualité des traductions proposées.

Des conditions seront émises à tous les fonctionnaires qui l'utiliseront pour comprendre et traduire de courts textes simples et non officiels de niveau «non classifié ou protégé A». Il ne devra jamais être utilisé pour les textes cotés «protégé B ou plus», selon le jargon gouvernemental. L'outil est doté d'une fonction permettant à l'utilisateur d'envoyer tout texte devant servir à des fins officielles à des traducteurs professionnels du Bureau de la traduction.

Par ailleurs, c'est à chaque ministère que revient la responsabilité de s'assurer de la qualité des textes traduits, et non au Bureau de la traduction qui facture les ministères pour ses services. Les ministères peuvent aussi avoir recours à la sous-traitance.

Les 400 postes en moins au Bureau de la traduction sont le résultat de l'attrition, a tenu à préciser Mme Achimov, une fonctionnaire nommée il y a quatre ans et demi après un concours en bonne et due forme, et non à la suite d'une nomination politique du gouvernement conservateur, a-t-elle tenu à préciser. Vendredi encore, le Bureau de la traduction mettait toujours en garde les utilisateurs de la traduction automatique en indiquant que «même dans le meilleur des cas, cet outil n'est pas de qualité suffisante pour communiquer correctement un message dans une autre langue».

Ce qu'ils ont dit

«Cet outil de traduction est conçu pour faciliter et encourager l'utilisation des deux langues officielles en milieu de travail. À titre de ministre, je respecte la Loi sur les langues officielles et je soutiens l'important travail effectué par notre personnel du Bureau de la traduction.»

- Judy Foote, ministre des Services publics et de l'Approvisionnement, responsable du Bureau de la traduction

«Nous n'étudions pas actuellement le projet du Bureau de la traduction d'offrir un nouvel outil de traduction aux fonctionnaires fédéraux. Notre priorité au sein du gouvernement fédéral est de s'assurer que l'information et les services destinés aux employés et au public soient de qualité égale dans les deux langues officielles. La position du commissaire n'a pas changé: quel que soit l'outil utilisé pour assister la traduction, une personne qualifiée doit s'assurer de la qualité du travail. Il est évident que les changements technologiques ont une influence sur le travail des professionnels de la langue. Comme tout le monde, nous constatons que le Bureau de la traduction cherche à s'adapter à cette évolution.»

- Le commissaire aux langues officielles, Graham Fraser

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