Heures sombres pour le Bureau de la traduction

« La situation est extraordinairement triste au Bureau... (Martin Roy, LeDroit)

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« La situation est extraordinairement triste au Bureau de la traduction », observe la présidente de l'ACEP, Emmanuelle Tremblay

Martin Roy, LeDroit

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Paul Gaboury
Le Droit

Le Bureau de la traduction du gouvernement fédéral traverse des temps difficiles.

Alors que le premier ministre Trudeau s'est engagé à ce que tous les services soient offerts «en parfaite conformité» avec la Loi sur les langues officielles, des sources décrivent le Bureau de la traduction comme un «champ de ruines», miné par des réductions de personnel et l'incertitude crée par le lancement du nouvel outil de traduction automatique. 

«Le moral des employés est à son plus bas et les conditions de travail deviennent intenables. Certains traducteurs font 80 heures supplémentaires par mois; les traducteurs compétents cherchent désespérément un autre emploi. Les épuisements professionnels se multiplient. Bref, c'est l'hécatombe. Une situation alarmante qui ne semble pas inquiéter le gouvernement Trudeau, qui a bien d'autres chats à fouetter», raconte un traducteur dans une lettre transmise au Droit.

La dirigeante du bureau, Donna Achimov, a été nommée par le gouvernement conservateur. Bilingue, elle se serait entourée d'une équipe de gestionnaires dont le niveau de bilinguisme serait «variable» - l'anglais étant la langue le plus souvent utilisée par la direction, selon nos sources. 

«Ce sont des comptables qui administrent le Bureau comme une usine de conserves. La notion de qualité des textes leur échappe complètement», déplore une de nos sources.

Le Bureau de la traduction, qui comptait 2000 employés il y a une dizaine d'années, ne compte plus que 1165 employés, surtout des traducteurs, interprètes et terminologues. 

L'ACEP, un syndicat qui représente 850 traducteurs, interprètes et terminologues au sein du bureau, estime que cette situation pose désormais un «risque» pour le respect des langues officielles au pays. 

«La situation est extraordinairement triste au Bureau de la traduction», observe la présidente syndicale Emmanuelle Tremblay. «À la suite des réductions de plus de 400 postes et du gel de l'embauche imposé depuis 2012, il n'y a pas eu de remplacement ou de nouvelles embauches. [...] Chez nos membres, il y a eu une perte de 25% des emplois en quatre ans. Il y a une érosion et un risque clair quant au respect de la Loi sur les langues officielles.»

Le Bureau de la traduction relève de la ministre des Services publics et de l'Approvisionnement, Judy Foote. Dans les lettres de mandat du président du Conseil du Trésor, Scott Brison, et de la ministre du Patrimoine canadien, Mélanie Joly, le gouvernement s'est engagé à ce que les deux ministres collaborent pour «veiller à ce que tous les services fédéraux soient offerts en parfaite conformité avec la Loi sur les langues officielles».

Aucun des trois ministres n'avait donné suite à nos demandes de réaction au moment d'écrire ces lignes.

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