Se présenter «malade» a des conséquences

Se présenter au travail tout en étant malade... (Simon Séguin-Bertrand, Archives LeDroit)

Agrandir

Se présenter au travail tout en étant malade affecte la performance organisationnelle, affirme le professeur à l'UQO, Martin Lauzier.

Simon Séguin-Bertrand, Archives LeDroit

Partage

Partager par courriel
Taille de police
Imprimer la page
Paul Gaboury
Le Droit

Le «présentéisme», ce phénomène qui pousse de nombreux employés «malades» à se présenter quand même au travail, aurait des conséquences plus coûteuses que l'absentéisme, en raison de ses effets néfastes sur la santé des travailleurs et les organisations.

Le professeur Martin Lauzier, du département de relations industrielles de l'Université du Québec en Outaouais, est un psychologue du travail qui étudie le «présentéisme». Ses travaux viennent d'être reconnus à l'échelle internationale, ayant remporté à Oslo, avec sa collègue Nathalie Defobbe de Belgique, le Best Poster Award, parmi plus de 600 autres, lors du dernier congrès de l'European Association for Work and Organizationnal Psychology.

Menée auprès de 415 employés de deux chaînes de distribution de Belgique, l'étude du Dr Lauzier permet une meilleure compréhension des mécanismes pour lesquels le présentéisme affecte la performance organisationnelle. «Le présentéisme est le fait de se présenter au travail lorsque vous êtes malade, physiquement ou psychologiquement, et que vous n'êtes pas capable de donner le même rendement qu'avec une santé optimale. L'anxiété, le stress, les coupures, les changements peuvent accroître la prévalence. Pour diverses raisons, c'est volontaire, ou involontaire», explique le professeur Lauzier.

Une insécurité généralisée

Bien au fait de la situation dans la fonction publique fédérale, le professeur Lauzier soutient que les compressions et les nombreux changements vécus par les fonctionnaires dans leur milieu de travail ont des répercussions sur leur façon de gérer le stress, l'absentéisme et le présentéisme au travail.

«Avec les coupures, il y a une insécurité générale, les gens ont peur de perdre leur emploi s'ils s'absentent du bureau, même lorsqu'ils sont malades, pour diverses raisons, croit le professeur Lauzier. Ils veulent être là pour savoir ce qui se passe, pour garder leurs contacts, être au courant. Et ils se demandent ce que leurs collègues vont penser s'ils s'absentent. Mais leur santé est altérée et ils risquent éventuellement de s'absenter pour de longues périodes. Les gestionnaires devraient être mieux formés pour reconnaître les signes et éviter de prendre la ligne dure avec eux.»

Avec les changements proposés à leur régime de congés de maladie, de nombreux employés pourraient avoir à choisir, selon les syndicats, entre aller travailler malades ou rester à la maison sans être payés, dans certaines situations. «Les individus vont réajuster leur comportement. Mais les inquiétudes vont vers les gens malades, qui souffrent, et pourraient souffrir encore plus s'ils se retrouvent dans une situation financière qui ne leur permet pas de s'absenter malgré qu'ils soient malades», estime le professeur Lauzier.

Pgaboury@ledroit.com

Partager

publicité

publicité

Les plus populaires

Tous les plus populaires
sur lapresse.ca
»

publicité

Autres contenus populaires

publicité

image title
Fermer