Fierté et tensions chez les fonctionnaires fédéraux

La satisfaction et la fierté des fonctionnaires fédéraux à l'égard de leur... (Simon Séguin-Bertrand, Archives LeDroit)

Agrandir

Simon Séguin-Bertrand, Archives LeDroit

Partage

Partager par courriel
Taille de police
Imprimer la page
Paul Gaboury
Le Droit

La satisfaction et la fierté des fonctionnaires fédéraux à l'égard de leur travail reste inébranlable, malgré les compressions budgétaires et le réaménagement des effectifs.

Mais bien des choses se sont détériorées pendant cette période de turbulenceL les relations et la confiance envers la haute direction, la formation et les outils dont ils disposent pour effectuer leur travail, de même que le niveau de confiance pour régler les cas de harcèlement.

Les résultats du Sondage 2014 mené auprès des fonctionnaires fédéraux ont été dévoilés jeudi. Il a été réalisé auprès de 250000 employés de 93 organisations fédérales. Depuis 2008, le sondage est mené à tous les trois ans. Cette fois, il comptait 106 questions, dont 82 où les gens sondés devaient exprimer leurs opinions. Le taux de réponse a été de 71,4%, alors qu'il était de 72,2% en 2011 et de 65,8% en 2008. 

Même mobilisation 

Plus de 88% des fonctionnaires fédéraux sont fiers du travail qu'ils accomplissent, alors que 79% indiquent aimer leur emploi. Moins de 18% des employés éligibles à la retraite ont indiqué qu'ils voulaient quitter, un pourcentage qui reste stable depuis 2008.  

Toutefois, moins de fonctionnaires (71%) estiment recevoir le soutien nécessaire pour concilier travail et vie personnelle qu'en 2011 (75%). Les employés sont aussi plus nombreux (78%, comparativement à 75% en 2011) à déclarer que, selon les nécessités du service, leur superviseur immédiat accepte les régimes de travail flexibles (horaire, semaine, télétravail, etc.).

Si les répondants affirment à 75% avoir de bonnes relations avec leur supérieur immédiat (il tient ses engagements et garde son personnel informé), il en est autrement de la haute direction alors que moins de la moitié des répondants (47%) estiment qu'elle communique efficacement les renseignements essentiels.

Source et nature du harcèlement

Pour la première fois, les fonctionnaires ont identifié les sources et la nature du harcèlement en milieu de travail, une situation qu'un fonctionnaire sur cinq indique avoir vécu au cours des deux dernières années.

Le plus souvent, il s'agissait d'un supérieur (63%), alors que des collègues étaient la source dans 50% des cas. Le commentaire désobligeant vient en tête de liste avec 57%, suivi du traitement injuste à 46% et de l'exclusion à 43%. 

Le commentaire ou geste à caractère sexuel était mentionné dans 9% des réponses et la violence physique 2%. Les employés pouvaient sélectionner plus d'un choix de réponse dans cette catégorie, si bien que l'addition des pourcentages n'équivaut pas à 100%.

Le sondage a aussi permis de constater que la confiance de voir leur organisation tout mettre en oeuvre pour prévenir le harcèlement est en chute, à 64%, comparativement à 72% en 2011.

Les problèmes persistent, selon l'AFPC

Même si le sondage réalisé auprès des fonctionnaires fédéraux confirme leur engagement, il vient mettre en lumière plusieurs problèmes qui persistent, selon le vice-président régional de l'Alliance de la fonction publique du Canada (AFPC), Larry Rousseau.

Selon lui, les employés restent engagés, mais ont de plus en plus de difficultés à offrir des services de haute qualité parce qu'ils ne reçoivent pas la formation et n'ont pas les ressources nécessaires pour accomplir les tâches. «Puisqu'il y a moins de gens pour faire le travail, c'est évident qu'il y a un impact sur la capacité à offrir des services de qualité, même si 93% des gens se disent prêts à fournir un effort supplémentaire», souligne-t-il.

La santé mentale des employés reste préoccupante et le fait de devoir se faire concurrence pour conserver leur emploi a pu ajouter du stress, estime le dirigeant syndical.

Le sondage met aussi en lumière le fait que plusieurs employés n'ont pas déposé de plainte ou de grief dans des cas de harcèlement, notamment parce qu'ils craignaient des représailles, ce qui démontre qu'ils n'ont pas tout à fait confiance dans le régime en vigueur pour les protéger, estime M. Rousseau.

Partager

publicité

publicité

Les plus populaires

Tous les plus populaires
sur lapresse.ca
»

publicité

Autres contenus populaires

publicité

image title
Fermer