Radio-Canada: des syndiqués gagnaient plus de 150 000$

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Paul Gaboury
Le Droit

Plus de 25 employés syndiqués travaillant à la Société Radio-Canada, tous animateurs ou journalistes, ont gagné plus de 150 000$ en 2012-2013, le double du salaire de base prévu aux conventions collectives négociées par leur syndicat. Le plus haut salarié syndiqué de la société, un animateur, a même touché quelque 486 000$.

Selon des informations obtenues par LeDroit, plus de 6 millions$ en diverses primes - incluant le rachat de temps supplémentaires qui s'ajoutent aux salaires de base - ont été versés cette année-là à plusieurs animateurs et journalistes vedettes travaillant au réseau français de Radio-Canada au Québec et au Nouveau-Brunswick. Cette rémunération additionnelle leur a ainsi permis de doubler, tripler et même quintupler le salaire de base négocié par leur syndicat et prévu dans les conventions collectives. Cette liste n'inclut pas les syndiqués travaillant pour la société en Ontario et ailleurs au pays, représentés par différentes unités d'accréditation.

Le versement de telles sommes à des employés syndiqués est permis en vertu de la politique de rémunération de la société Radio-Canada-CBC, et permet notamment à la direction de reconnaître la notoriété ou l'expertise d'un petit groupe de syndiqués de cette société d'État qui traverse une période d'austérité sans précédent imposée par le gouvernement Harper.

Le club des 150 000$

La liste des employés touchant 150 000$ et plus, dont les identités ne sont pas dévoilées, comprend un animateur syndiqué ayant gagné 486 000$, deux journalistes syndiquées à plus de 300 000$, 10 journalistes ou animateurs ayant gagné plus de 200 000$ et 13 autres ayant fait plus entre 150 000$ et 198 000$. Au total, plus de 26 employés syndiqués ont gagné plus de 150 000$. Ils ne représentent qu'une fraction de l'effectif de leur syndicat. Les données obtenues révèlent aussi que les primes sont davantage versées à des hommes qu'à des femmes.

«Oui, on peut parler ici d'un mini-Hollywood. Ces primes sont négociées entre l'employeur et les employés, sans le syndicat. On remarque un préjugé systémique en faveur d'un sexe plutôt que l'autre, les hommes recevant plus souvent de primes que les femmes», a révélé une source.

En 2012-2013, le salaire maximum prévu à l'échelle des conventions collectives variait entre 75 000 et 80 000$. Toutefois, les primes négociées entre les employés et l'employeur peuvent être versées pour «l'expertise ou la notoriété» ou pour le rachat d'heures supplémentaires. Au total, près d'un syndiqué sur cinq a reçu des primes ou profité du rachat de temps supplémentaires.

«Le rachat du temps supplémentaire, c'est un montant de prime déguisée. Souvent, le temps supplémentaire est fictif et permet de déguiser un montant que l'employeur veut verser à un animateur ou un journaliste vedette pour reconnaître sa notoriété. Si on fait le calcul, dans certains cas, c'est comme si la personne avait travaillé 365 jours par année, presque 24 heures par jour. C'est vraiment impossible, mais c'est une affaire négociée entre l'employé et l'employeur», a expliqué notre source.

En mai dernier, LeDroit révélait que Radio-Canada-CBC avait versé un total de 9,5 millions$ à un total de 562 employés pour une moyenne de 17000$ en 2012, puis 8,5 millions$ en 2013, sous forme de rémunération incitative.

En 2012, la société avait annoncé des compressions de 115 millions$.

Ces chiffres avaient été obtenus en vertu de la Loi d'accès à l'information. La demande visait toutes les formes de bonis, primes, payes de performance versés aux employés de Radio-Canada/CBC au cours de ces deux années.

À cette époque, la direction de la société avait indiqué que le programme de rémunération incitative était là pour rester et avait précisé qu'il ne s'appliquait qu'à un certain nombre de gestionnaires, selon leur niveau dans l'organisation.

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